PLANCHE I
L’horloge inscrite sous ce premier numéro, fut construite par Louis David,artiste renommé de l’époque de Henri III . Sa forme est quadrangulaire ;elle est en bronze doré à l’or moulu. Les quatre faces ont reçu de précieusesgravures représentant des amours, des Faunes se jouant au milieu desrinceaux, des fleurs et des fruits formant des guirlandes finement dessinées,et burinées avec celte élégance dans les contours qui caractérise particu-lièrement les maîtres graveurs de la renaissance. Au centre des quatre facessont des médaillons en argent fin sur lesquels on distingue les évangélistessaint Paul, saint Matthieu, saint Marc et saint Luc ; ces gravures sont égale-ment très-fines, et l’argent mat des médaillons s’harmonise bien avec l’ordes parties latérales. Sur les angles de ce petit monument sont des caria-tides qui soutiennent l’entablement. Une coupole découpée à jour couronnel’œuvre : des figures et divers autres ornements y sont représentés; lesommet de cette jolie coupole supporte le cadran de l’horloge; c’est unepetite rondelle en argent émaillée de plusieurs couleurs parmi lesquellesdominent le jaune et le vert.
La plaque du dessous de l’horloge offre une scène curieuse et caracté-ristique : au centre est un ministre protestant faisant tourner une meule degrès d’assez grande dimension; un pape, revêtu de ses habits pontificaux,se tient courbé devant cette meule,, il est entouré par une foule de person-nages dont le plus remarquable est le roi de Navarre qui, plus tard, doitabjurer le culte évangélique et occuper le trône de France . Sur les derniersplans, à droite de l’observateur, sont quelques vieilles femmes qui pleurenten regardant le souverain pontife et la meule. Ce sujet s’explique, c’estune virulente satire contre le pape ; les huguenots lui 'font user ou rogner