120 COLLECTION ARCHÉOLOGIQUE
la montre sont aussi en or fin émaillé. Cette montre a été construite sousCharles IX , par le docteur Duchemin, horloger de la ville de Rouen .
Il est à remarquer que ce fut sous le règne de l’avant-dernier des Valoisque l’on fabriqua les plus petites montres. Charles IX , artiste lui-même etpoète, aimait beaucoup ces sortes de bijoux.
N° 6
Maître Regnier, horloger de Paris ( peut-être était-ce un parent du poètesatirique de ce nom), a signé cette montre; il vivait à la fin du règne deHenri IV et son travail devait être estimé, car les pièces que j’ai vues de luisont bien faites. Celle-ci est octogone et en cristal déroché taillé à facettes;le mouvement porte la corde de boyau; le coq est découpé à jour. Lecadran, qui est en cuivre doré, a reçu divers ornements finement gravés;le ceutre occupé par l’aiguille marquant les heures offre un petit paysagetout champêtre , au bas de ce cadran est un pont rustique jeté sur un coursd’eau, un âne bâté et chargé traverse ce pont. Un homme armé d’une gaulesuit à grands pas l’animal aux longues oreilles. Au bout du pont est un sen-tier conduisant à un petit village bâti sur une éminence. L’horizon est cachépar trois monts ou pics sur l’un desquels on aperçoit un moulin à vent. Levillage est dominé par une tour ou citadelle crénelée ayant son pont-levis,ses poivrières, etc.
N° 7
Presque toutes les pièces d’horlogerie que renferme la collection duprince Sollykoff sont fines et charmantes, et pour les décrire je suis obligéd’employer à peu près les mêmes formules, les mêmes mots admiratifs; maisqu’y faire? Pour ne pas m’éloigner de la vérité , il faut toujours que j’ad-mire; c’est monotone, je le sais, c’est rebutant peut-être pour le lecteur.,mais ce n’est pas ma faute, c’est celle du prince qui n’a pas voulu faireentrer dans sa collection des pièces médiocres ou de mauvais goût quej’aurais pu alors raisonnablement critiquer. Cette occasion ne m’ayantpas été offerte, j’en prends mon parti et je poursuis ma route.
La montre n° 7 est de l’époque de François II ou de Charles IX . La boîteest une topaze creusée au centre et taillée à huit pans sur les côtés par unhabile lapidaire. Le cadran est en argent gravé et émaillé. L’aiguille, en orfin, se détache en relief sur le fond blanc. Le mouvement est de cette école