174 DV MOVVEMENTſion de le lire, que nous diſtinguerons ſelon les fins dif-ferentes qu'ils ſe propoſent. Les uns le liſent pour senſervir dans les divers employs de la vie ſelon les char -es ou la condition où ils ſont, les autres pour avoir la.connoiſſance des veriteʒ de la Nature qu il enſeigne pardeſſus les autres Philoſophes,& ceux- cy ſont en petit:nombre. Ceux là en font des remarques, des colle-ctions des plus beaux paſſages qu ils tranſportent à di-vers uſages actions& profeſſions, pour en inſtruireles autres,& acquerir la reputation de ſcavant. Laconſideration de nos deffauts particuliers nous ayant E-loigné de la premiere facon de ce Livre, nous nous ſom-mes attachez avec une contention infatigable à ſa me-ditation, juſquesà paſſer des nuits entietes en des lieuxobſcurs à mediter ſur quelque paſſage ou ſur quelqueprincipe que nous avions leu,& voir juſqdes ou ilpouvoit aller. Nous confeſſons ingenument ne ſca-voir aucun paſſage d'Ariſtote& nen pouvoir rappor-ter douze mots de ſuitte à celuy qui nous le demanderoità moins que la lecture frequente que nous avons faitede cẽt Auteur en ait imprimè quelque veſtige dans no-ſtre memoire, bien que nous ne layons pas recherché.Mais en revanche ſi nous croyons en pouvoir dire&le lens& eſpi it tout entier de ſa plus grande partienous ne ſerions peut eſtre pas mal fondez en noſtre
creance. f
Le deſir de la Science eſt naturel à l homme,& C'eſtluy qui la rend principalement facile& qui ſoulage ſurtout un elptit de la peine qu'on reſſent à lacquetir. LaScience eſt de cette ſorte facile& claire, elle ſe preſenteau devant de ceux qui la recherchent, principalementdans les choſes naturelles od nous lavons entre nos