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Tome premier.
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en bas, formant des globules qui grossissent de plus en plus à mesure que lamasse diminue ; & enfin ces globules, que quelques-uns nomment fleurs, di-minuent en nombre, &; deviennent si gros qu’ils se réduisent à un seul quicouvre toute la matière , en faisant une corruscation ou éclair, & reste im-mobile. Lorsque 1 argent est dans cet état, on dit qu’il fait l’opale, êc pen-dant ce tems il paroît tourner ; enfin on ne le voit plus remuer, il paroîtrouge , il blanchit peu-â-peu , ôc on a de la peine à le distinguer de la cou-pelle. Dans cet état il ne tourne plus : si on le tire trpp vite pendant qu iltourne encore, l’air le saisissant le fait végéter , ce qu’on appelloit autrefoisvejjir , & il se met en spirale , ou en masse hérissée, ôc quelquefois il en fortde la coupelle.

II y a quelque différence entre la façon de coupeller en petit, & celle decoupeller en grand : lorsqa’on coupelle en grand, on soufle fur la coupellependant que l’argent tourne : pour le dégager de la litharge , on présente àla litharge un écoulement, en pratiquant une échancrure au bord de la cou-pelle , & on retire la litharge avec un rateau : ce qui fait que lorsque l’ou-vrier ne travaille pas bien , on trouve du plomb dans ía litharge , & quel-quefois de l’argent ; ce qui n’arrive pas , & ce qu’on ne fait pas lorsqu’oncoupelle en petit ; il faut dans cette opération compter fur seize parties dsplomb pour chaque partie d’alliage en argent bas.

L’affinage au salpêtre se fait dans un fourneau à vent.

L’argent qu’on veut affiner ayant été réduit en grenailles , c’est-à-dire,en grains de la grosseur d’un petit pois, en le versant lorsqu’il est en bain& bien brassé dans un vase rempli d’eau commune , on le fait recuire dansun bouilloir : ensuite on en charge un creuset en y mettant autant de deuxonces de salpêtre qu’il y a de marc d’argent à affiner , fi l’argent n’est au-dessisou s de dix deniers, vingt grains , en augmentant d’an once de salpêtre parchacun marc qui se trouveroit d’un denier plus bas, & ainsi à proportion ?aptes quoi le creuset se couvre d’un couvercle de terre en forme de dômtzqu’on lutte exactement 5 ce couvercle néanmoins doit avoir upe petite ouver-ture dans le milieu, & pl us D n est obligé de mettre de salpêtrç, moins il fautemplir le creuset, a cause de la détonnation du salpêtre qui pourroit fairtzsauter le couvercle & emporter de l’argent.

Le creuset ayant été mis au fourneau, & chargé de charbon qu’on n’al-lume que par dégrés afin que le creuset se recuise doucement, on lui don-ne enfin le feu aster vif pour mettre le métal en parfaire fission , ce qu’onrenouvelle trois fois de fuite de quart d'heure en quart d’heure, ce qui Rap-pelle donner trois feux.

Quand le troisième feu est passé on’ découvre le fourneau, & l’on y laisserefroidir le creuset qu’on casse pour en retirer l’argent qui s’y trouve raf-