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Tome premier.
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Châtrées

z 6 ARG

au-dessous, on le fait affiner, & cet affinage se fait ordinairement par Ismoyen du plomb. On prépare pour cela une terrine de grès qu’on appellecaste d’affinage, caíTe à affiner , ou coupelle d'affinage , & qu’on remplit decendrée composée de charrie de leffive , & de cendres d’os de bœuf & au-tres os. Cette casse est ensuite mise sur le feu où on la fait rougir. Alors on

sont les cen-dres qui res- .

tcnt sor le cu- y met l’argent & le plomb eniembíe par proportion d’une livre de plomb

'"o’on' a P r ^ par marc d’argent, & même d’un peu plus de plomb si 1 argent est de bas

la lessive,

alloi, & à mesure que ces métaux se fondent à grand feu, le cuivre quipeut être mêlé avec l’argent se dissipe en fumée, ou s’en va avec les crasses ;ce que fait aussi le plomb lui-mêrae, l’argent restant seul dans la casse au,titre & au dégré de fin.

On peut affiner jufqu’à deux mille marcs d’argent, & plus, suivant la.grandeur de la coupelle. L’on retire ce métal des coupelles de deux manié-rés ; l’une , en plongeant dans la matière purifiée, & encore liquide , unebarre ou grosse canne de fer au tour de laquelle l’argent s’attache en formede coquille , ce qu’on fait à plusieurs fois ; l’autre , en faisant refroidir lacoupelle au fond de laquelle l’argent se fige en forme de pain.

La premiere maniéré s’appelle retirer l’argent en coquille : la seconde ,retirer l’argent en plaque.

Outre l’affinage de l’argent au plomb, il y a encore l’affinage au salpêtredont il a été parlé à l’article de l’affinage. Voyez Affinage.

La coupelle est l’essai que l’on fait de l’argent sur une partie du métal ,elle s’opére, comme l’affinage , par le moyen du plomb : si l’argent, aprèscette épreuve, conserve son poids , il est au titre de fin j s’il diminue oncompte les grains , ou même les deniers de fa diminution , Lc par compa?raison de la partie au tout, on juge de sa bonté & de son prix.

ARGENT LE ROI. On appelle argent le roi celui qui est à onze de-niers douze grains , parceque nos Rois n'ayant aucunes mines d’or, ni d’ar-gent en France , ont accordé quelques profits aux Etrangers qui en appoirNsotef^de , a teroient , en leur payant l’argent qui étoit à onze deniers douze grains ,Chambre des comme s’il eût été à douze deniers.

Comptes. Suivant Poulain , on appelle argent le roi celui qui est de même à onzedeniers douze grains, c’est-à-dire qui tient une vingt-quatrieme partied’alliage ; il est appelle argent le Roi, parceque nos Rois, de tetns im-mémorial & avant le régne de Philippe le Bel, fe font servis de cet argentpour le pied ôt fabrication de leurs efpeces d’argent, afin de compenser lestraites qui font toujours plus grandes, proportionnément fur la quantitédes marcs d’argent en œuvre , que fur un marc d’or mis auffi en œuvre.

D’autres prétendent que ce mot d’argent le roi vient de ce qo’anciennç-ment les Barons ôc les Prélats du Royaume de France, qui avoient pou-

yo«r

Voyez Es-sai.

Boifart,