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sortes de bijoux, & diminuant le poids de la matière, qui conséquemmentreste dans le Royaume, cette branche du commerce deviendroit d’autantplus florissante , que ces fortes d’ouvrages seroient moins coûteux à ceux quiles acheteroient , 8c attireroient nécessairement en France 1 argent desEtrangers , que la beauté de ces mêmes ouvrages rendroit curieux de fairevenir.
Sur un prétexte íî apparent, quoique directement contraire à f esprit 8cà la lettre des différentes Ordonnances, qui prononcent des peines mêmecapitales contre les ouvriers qui font des ouvrages d’or ou d’argent quife trouvent fourrés de matières étrangères, ou dans lesquels ces mêmes ma-tières se trouvent insérées, la Cour des Monnoies ne crut pas devoir s’ar-mer de sévérité dans le moment que ces sortes de bijoux commencerent àparoître, elle jugea nécessaire de fe donner le tems convenable pour enfaire un examen sérieux , & pour balancer en connoissance ce qui pouvoirêtre véritablement du bien de l’Etat 8c de l’avantage du commerce, avecles inconveniens qui pouvoient resulter de ce mélange, par le moyen du-quel il paroissbit facile de tromper le Public, en lui vendant pour de l’ordes matières qui n’ont presque aucune valeur j & pour concilier ces vues dubien public avec la disposition des Reglemens , elle fe contenta, par sonArrêt du jo Avril 1755 , de faire des défenses générales, tant au Maîtresaisi , qu’à tous autres Orfèvres.
Cet Arrêt auroit dû arrêter le cours 8c la fabrique de ces ouvrages, 8cles ouvriers attendre que , par une nouvelle décision , il y eût été pourvupar la Cour ; mais au contraire , ces mêmes ouvrages fe multiplièrent, 8cnon seulement quelques Bijoutiers continuèrent de faire des boëtes en cage,8 c autres bijoux, d’or de différentes couleurs, à différens titres, ils en fi-rent encore de différentes façons , dont quelques uns étoient fourrés decuivre, de nacre, ou de tôle, 8c souvent de ces trois matières dans unemême boëte, fous pretexte que ces ouvrages ne devant être regardés quecomme garniture, n’étoient pas sujets à la réglé étroite , 8c ne pouvoientêtre envisagés par le Public, que comme ouvrages de curiosité & de goût,dont l a matière précieuse qui s’y trouve, ne fait que l'accessoire , & dontla main d’œuvre fait le principal objet du prix.
C est ce qui donna lieu à différens Mémoires qui furent présentés à laCour, tant par les Gardes de l’Orfévrerie pour le maintien des Regle-mens & du bon ordre, q Ue p ar quelques Bijoutiers, à Fesser de fe faireautoriser dans leur nouvelle entreprise.
Ces différens Mémoires furent mis fous les yeux de la Cour des Mon-noies, qui en fit un examen scrupuleux.
Cependant le Procureur Général lui représenta que non seulement U