capitales ; &: c’est pour cela que les ouvriers qui fourrent Sc infèrent des corpsétrangers dans des ouvrages d’or & d’argent, ont toujours été regardés enquelque façon également dangereux & punissables dans leur art , commeceux qui altèrent ou contrefont les monnoies du Roi, parcequ’il n’est per-sonne qui puisse se parer 8c se mettre à couvert dune fraude d’autant plusà craindre, quelle est plus cachée & difficile à connoître, même par lesgens les plus expérimentés dans cet art. II n’en est pas de même des or-nemens extérieurs qui peuvent se trouver fur ces mêmes ouvrages, parce-que ces ornemens extérieurs font visibles, & qu on ne peut être trompé dansce qui frappe la vue. Les or de différentes couleurs font visibles , Sc leurdifférence est sensible, les érhaux le font pareillement, les fleurs 8c autresornemens, qui pourroient être appliqués , soudés ou incrustés fur les partiesextérieures des bijoux, ne peuvent être donnés ni vendus comme faisantcorps de ces mêmes bijoux ; mais le corps de ces mêmes ouvrages, soitd’or, soit d’argent, ne doit être composé que d’or ou d’argent au titre desOrdonnances, 8c fans aucun mélange nt insertion d’aucun corps étranger,d’aucune matière différente,
Ce ne peut donc être que dans ces parties extérieures qu’il peut êtrepermis de varier les couleurs , d’y souder ou incruster des ornemens de.quelqu’autre matière, mais jamais dans l’intérieur & dans ce qui forme lecorps de l’ouvrage ; 8c comme ce font ces couleurs variées, ces ornemensextérieurs , qui font la beauté d’un ouvrage , qui peuvent en donner le goût,exciter la curiosité des Etrangers, comme celle des Regnicoles, ainsi quel’é-mulation des Artistes , dont le plus ou le moins d’habileté ne se fait con-noître que dans ces mêmes ornemens extérieurs ; c’est favoriser le com-merce , c’est lui donner tout l’avantage qu’on peut lui procurer dans cettepartie , c’est procurer à l’Etat le bénéfice qu’il peut retirer de l’excellence desManufactures de France , & de la main-d’œuvre dans ce genre, que de per-mettre ces différens ornemens ; mais ce fera favoriser encore plus ce mêmecommerce, dont la sûreté 8c la bonne-foi sont les principaux fondemens ,c’est lui donner les moyens de s’étendre encore davantage, que d’empêcherles abus qui peuvent s’y introduire, Sc d’arrêter totalement le cours d’unecontravention auffi dangereuse que celle du mélange des matières dans lecorps de ces mêmes ouvrages.
Que si, d’après ces observations, il est indispensable de proscrire pourl’avenss la fabrication de ces ouvrages d’or ou d’argent, fourrés 8c mêlésd’une matière clandestine, il n’est pas moins nécessaire d’empêcher que lePublic ne soit trompe fur ceux qui ont été faits jufqu’à présent , 8c quinon seulement sont encore entre les mains des Ouvriers, mais qui peuventêtre répandus chez les différens Marchands Merciers, Orfèvres 8c Bijou*
tiers »