? O N f 511
dont on vient de parler, prend le creuset tout en feu , 8c le porte aux moulesavec des tenailles de fer dont les tenaillons font recourbés en figure sphé-rique , pour mieux embrasser le haut du creuset.
Le métal se coule par i’ouverture qui aboutit au maître jet de chaquemoule, le Fondeur les parcourant tous successivement jusqu à cequele creusetreste vuide , ou du moins qu’il n’y ait point assez de matière pour emplir unnouveau moule. La fonte finie, un quatrième Compagnon, qui est aussi celuiqui prépare & qui bat les pelottes pour le creuset, jette de l’eau fraîche dansles moules pour affiner le cuivre , & presqu’assitpr après tire les châssis despresses, «Sc débarrasse l’ouvrage du fable qu’on courroie de nouveau pour enfaire d’autres moules.
Les Fondeurs fe contentent de couper les jets des ouvrages qu’ils ont jettes 98c les vendent fans les réparera ceux qui les ont commandés &c aux diversOuvriers qui en ont besoin.
Des Fondeurs en bronze, & de la maniéré de jettet les Statues& autres grands ouvrages de cuivre.
Les Fondeurs Lorrains font ceux de l’Europe qui font le plus en réputa-tion pour ces sortes d’ouvrages : cependant on a vu sortir des fonderies Fran-çoifes 5c des mains des Ouvriers de la Nation , d’aufìì excellens morceauxsoit pour 1 artillerie , soit pour les cloches , soit pour les statues.
A 1 égard des ouvrages de sculpture, ceux qui onr été jettes à Paris furles modelés & fous l’inspection des Girardon , des Déjardin , des Coyzeveaux,des Bouchardon, & de tant d’autres habiles Sculpteurs seront toujours dignesd’admiration.
Les métaux qu on emploie à ces fortes d’ouvrages font le cuivre , le bronze8c la fonte $ ces deux derniers ne son t pas des métaux naturels , mais un mé-lange de plusieurs métaux fondus ensemble, où il entre aussi quelques autres.matières.
De la fonte des Statues.
Trois choses font principalement nécessaires pour setter en bronze desstatues , des bas reliefs, des vases & autres ouvrages de sculpture, savoir, lsnoyau , la pire 5c la chape.
Le noyau qu’on appelle aussi I’ame, parcequ’il se trouve daus le centre dsla Statue , & qu’il la sourient, est une figure informe , mais approchante decelle qu’on veut jetter : on la dresse fur une grille de fer forte selon le poidsde la Statue , & en dedans on la fortifie par plusieurs barres & verges ausside fer, à qui on donne à peu-près les mêmes contours que doit avoir i’ouvrage.
Ce noyau fepeist àrre de deux fortes de matière au choix du Fondeur ;l’une composée de ter te à Potier mêlée de fiente de cheval & de bourre , Paix-ire de plâtre 5c de brique bien battue 6c bien passée.
Jtme /,
V u u