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Tome second.
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sont affilies, leur appartient dès le moment qu’ils peuvent en jouir, Se que pourse mettre en état d’en jouir, il suffit qu’ils puissent rendre au Roi, dans ses Mon-noies, le service qu’ils lui doivent j & il est également certain que ce servicequ’ils doivent au Roi, ainsi que les opérations du travail auquel ils sont appellés,demandent une dextérité dans la main,une justesse dans la vue,& un mouvementméchanique auquel les hommes font plus propres dans un âge tendre que dansun âge avancé, & à la perfection duquel on ne peut atteindre dans la vieillesse,si dans la jeunesse, on ne s’y est attaché , si Inexpérience n’cn a fait acquérir uneconnoissance parfaite, & lì on n’en a contracté une habitude qui supplée ou ré-pare , en quelque sorte, la faiblesse de l’âge avancé ; il seroit cependant dange-reux de leur donner l’entrée, & de les admettre au travail des Monnoies dans unâge trop tendre, & avant que la raison, les sentimens, les réflexions ayent con-firmé en eux les premiers principes d’éducation, & surmonté les défauts tropcommuns dans la jeunesse. On nesçaitquetrop à quelle tentation ils sont expo-sés}& jusqu’à ce qu’ils soient en état d’y résisterai seroit imprudent de leur donnerlieu d’y succomber. D’ailleurs la Justice doit venir au secours de tous les hommes,& parmi les enfuis des Monnoieurs, Ajusteurs & Tailleresses , il en est qui ,.dans leur jeunesse , peuvent se destiner à différents-états qu’ils envisagent, sanscependant les embrasser par la fuite j il en est d’autres que la curiosité, le désirde s’instruire , ou le commerce particulier de leurs parens conduisent à voyagerj usqu’à un certain âge ; il en est aussi que le feu des passions ou la gloire qu’ils peu-vent acquérir dans les armes, écartent de leur famille, & font engager pour untems ; revenus de leurs premieres idées , ou erreurs, les uns & les autres vien-nent réclamer le droit de leur naissance ; seroit-il juste de les en priver pour tou-jours ?

Si l’on fait a ûffi attention qu’il est quelquefois des parens qui n’ont pas, pourleurs enfans, toute la tendresse que la nature devroit leur inspirer, ou que le dé-faut de facultés & d’autres motifs particuliers peuvent empêcher de les faire ac-cueillir & recevoir ; qu’il est pareillement des Tuteurs négligens de procurer àleurs pupilles ce qui peut faire leur bien & leur avantage j on sentira aisément lanécessité de venir à leur secours ; ces enfans, qui, dans la plus grande partie desProvinces du ressort de la Cour, ne font maîtres de leur personne & de leurs ac-tions qu a l’âge de vingt-cinq ans, qui conséquemment ne peuvent disposer d’eux-mêmes , ni de leurs biens, qui ne peuvent contracter , ni ester en Justice quefous l’autorité de leurs parens, ou de leurs Tuteurs , seront-ils privés pour tou-jours de ce même droit, quoiqu’il n’ait pas dépendu d’eux de s’y faire admettre ,& de s’en procurer la jouissance ?

Ces différentes réflexions, dont la plus grande partie font communes auxfilles comme aux garçons, ont conduit naturellement á penser que l’âge de ma-jorité , ou de vingt-cinq ans, seroit celui qu’il conviendroit de fixer , & auquel.