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Tome second.
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feuilles cl’or battu réunies, mais rangées en retraite , eníbrte qu’il est fort aiséfie les compter : ainii arrangées elles forment un quarté long de sept pouces SCdemi , & large de quatre t$c demi , & chaque feuille supposée détachée detreize autres, est un quarté partait de quatre pouces & demi : chaque assem-blage de quatorze feuilles d’or pèse une once ; ainsi un bâton d’argent, longordinairement de dix-huit pouces íix à sept lignes, entre le cône ou fond , &£la queue ou pointe, est recouvert fur cette longueur de deux onces d’or, quandil n’ess doté qu a vingt-huit feuilles : de trois onces, quand il Test à quarante-deux , Sc de quatre onces quand il lest à cinquante six : la dorure de Lyon ex-cède rarement les cinquante-six feuilles ; ainsi en supposant le bâton réduit aupoids ds quinze marcs, après la séparation de ce qui se trouve mal doré auxdeux extrémités, lorsque ce bâton est réduit en gros trait du diamètre d’uneligne &c demie , il n’aura d’or par marc , étant doré à quarante-deux feuilles ,qui est ordinairement la dorure du galon de Lyon, que quatre deniers dix-neuf grains un cinquième : s’il n’est doré qu’à vingt-huit feuilles , dorure com •m une des lantes, employée dans les étoffes de petite fabrique , iln’y aura parmarc que trois deniers quatre grains A Paris la dorure ordinaire est de íixdeniers par marc : le snrdoré est à neuf deniers. Outre cette différence, on netire pas si fin à Paris qu’à Lyon ; ainsi c’est à cette foible dorure qu’est due lamauvaise réputation du filé d’or de Lyon , & non à l ot lui-mcme , commeon l’a cru pendant quelque tçms , puisque l’or en feuilles acheté secrettementchez les Batteurs d’or qui le fournissent aux Tireurs d’or, est très haut en cou-leur , & s est trouvé dans les trois essais faits en dissérens tems par le sieurHellot pendant son séjour à Lyon , à vingt-trois karats j-j.

Maniéré Je Tour dorer à Lyon à chaud ( car il arrive quelqwefois qu’on dore à froid )dorer l’or à on prend le bâton d’argent avec les deux pinces légèrement dentées d’une te-C * iaUC *' naillequi en saisit la pointe dans toute fi longueur : les branches de cette lon-gue tenaille font serrées par un anneau de fer qu’on chaise à coups de marteau jalors la tenaille Lf le bâton ont un axe commun. Apres avoir posé le tout dansPentaille d’un chevalet ajusté fur un banc solide , un Ouvrier qui s’alsieddessus , a la tenaille entre les cuisses, & le bâton devant lui, incliné fous unangle detreme-cinq à quarante dégrés : il rade ce bâton avec un couteau courbéà deux poignées qu’il tire vers lui ; & pour que le tranchant de cet outil nesoit pas émoussé contre le bout de la tenaille , il passe auparavant ufri large an-neau de cuir dans le bâton ; ce qui défend ce tranchant de toute impressionde la tenaille. On lent que cette précaution est nccessúre, íi l’on veut que lebâton ne soit pas rayé parles dents d’un tranchant émoussé : un autre Ouvrierdebout vis-à-vis le premier, rade de I autre partie du bâton en sens contraire :l’un & l’autre le découvrent &c le raclent jufqu’à ce qu’il ne paroisse pas lamoindre petite soudure, tache noire, ou autre défeçfuoitcé qui puisse eut-