des Rois de Francede u troisième Race. 5-33
Lc Roi donne un Edit daté d’Amboise le 19 de Mars , pour pacifier les troubles de Religion : cet Edit donne Iun peu de repi aux Catholiques , en arrêtant la guerre civile pour quelques rems. On la déclare à la Reined'Angleterre , St le Maréchal de Brissac est envoyé pour ailîéger le Havre. Le 18 de Juillet le Comte de Varvicest forcé de rendre la place , 8c repasse en Angleterre fur une flotte , qui venoit pour secourir la place,
8c n’arriva qu après sa reddition. Lc Roi qui setoit trouvé au liège , se rend à Rouen , où il tient son Litde Justice le 17 d’Aoút , & est déclaré majeur.
L'an 1 J64 le Roi ayant résolu de faire un voyage dans les Provinces de son Royaume , part de Fontainebleau,parcourt la Champagne au mois d'Avril, ensuite le Barrois 8c la Bourgogne , & arrive à Lyon au mois deJuillet. La Cour quitte cette ville à cause de la peste , Lc se rend au Château de Roullìllon sur le Rhône ,où lc Roi sait lc 4 d’Aoù: une Ordonnance, pour modifier l'Edit de pacification, en saveur des Catholi-ques. II y donna aussi un Edit, pour fixer le commencement de l'amiéc au 1 de Janvier. Le nouveau calculne fut généralement établi que quelques années agrès.
L’an fy6y lc 1 Février, le Roi fait son entrée (olemnclle à Toulouse , où il étoit arrivé la veille incognito.
Le y il tient son Lit de Justice au Parlement. Le 18 Mars le Duc d’Anjou reçoit la Confirmation desmains du Cardinal d’Armagnac , & change par ordre du Roi, son nom d' Edouard Alexandre , cn celui deHenri : le Roi voulut aussi, que lc Duc d’Alençon son autre frété, appelle Hercule, prit le nom deFrançois. Le Roi part de Toulouse le 19 Mars , pour aller à Bordeaux, ou il entre le 9 d'Avril. II en partau mois de Mai pour sc rendre à Bayonne, ou il a une entrevue avec Ehzabeth Reine d'Espagne sasœur. Pendant lc voyage du Roi, l’astairc de l'Univeríité 8c des Jésuites fut plaidée avec une chaleur ex-traordinaire par les deux plus fameux Avocats du Parlement ; Etienne Pasquíer pour l'Univeríité , 8c JeanVersoris pour les Jésuites. Les Conclusions du Procureur Général leur surent contraires; mais le Parlementne voulant point donner un Arrêt définitif,- appointa lassai re.
L’an ry66 le Roi tient les Etats de Moulins. On y fait une Ordonnance qui contient 86 articles. Maisle principal sujet des Etats, étoit le dessein qu’avoit la Reine de réconcilier les Chefs de partis.
L’an 1567 les C.hcfs des Huguenots forment lc dessein d’cnlever lc Roi qui étoit au Château de Mon-ceaux en Bric. La ( our cn étant informée, se rend à Meaux Lc ensuite à Paris. Cet évenement est mémo-rable Lc glorieux à la nation Suisse, par le zélé qu’ils témoignèrent pour la personne du Roi. Ayant àleur tète lc brave Colonel Fisse r, qui a immortalisé son nom par cette belle action , ils se chargeur avecjoye, quoique fatigués d’une longue route, de ramener ce Prince de Meaux à Paris. Ce qu’ils exécutentlez8 Septembre en bel ordre , toujours rangés en bataille, Lc repoussant vaillamment le Prince de Coudé,l’Amiral , & les autres Chefs des Huguenots, qui vouloient enlever lc Roi. Les rebelles ayant manqué leurcoup , ne n levent pas moins l’étendart de la révolte ; ils envoyeur des émissaires dans les Provinces duRoyaume pour faire prendre les armes aux leurs, Lc bien-tôt la France est replongée dans les horreurs d’uneguerre civile. Les villes de Castres, Montpellier, Nîmes > Viviers , Usez , Saint Pont > le Pont-Saint-Esprit,sont des premières à secouer le joug de l’autorité légitime , 8c à se déclarer pour le Prince de Coudé. Onpeut voir , pour ce qui regarde la Province de Languedoc , un détail exact des évenemens tragiques de cetteseconde guerre dans l’Histoirc de cette Province , par D. Vaissettc. Le 1; Octobre le Prince de Condé , aprèss’être emparé de plusieurs petites places, s’approchc de Paris, dans le dessein d’affâmer la ville. Le 10 deNovembre sc donne la bataille de Saint Denys, chacun des partis s’attribuc l’honneur de la victoire : le Con-nétable y est blessé Lc meurt le 11 du mois , âgé de 80 ans ; quoique presque toujours malheureux , il passapour un des plus grands hommes de son siécle. Après íâ mort on laissa vacante cette grande Place , qui rendorttrop puissant celui qui la possedoit. Le Duc d’Anjou fut fait Lieutenant Général par lc Roi son frere.
L’an 1568 la guerre continue entre les Catholiques & les Huguenots , 8c sur-tout en Languedoc. Les Tou- jlousair.s forment lc 1 1 Mars une association sous le nom de Croisade , & prennent pour devise ces paroles ,Eamus nos , moriamur cum Christo. Le Parlement autorise cette Croisade , le Pape I’approuve par une Bulle du1 y Mars. Cette Bulle fut enregistrée au Parlement de Toulouse le 4 Mai 1 £96 , dans le tems que cette villeétoit le plus l:vrée aux fureurs de la ligue. D'où l’on doit conclure, dit l’Historien de Languedoc, que cettemême ville a le trijle avantage d'avoir donné l origine d cette célébré association , qui cattsa quelques anneesâpres tant de troubles dans le Royaume. Cette remarque de D. Vaissettc est conforme à celle du grand Bossuet,fur une même ligue formée à Toulouse l’an 1 y 6 ?. Elle servit , dit-il p. 7 ? 1 .de modele d la grande ligue qui pensadepuis ruiner 1 ‘Etat. La Rochelle se déclare pour les Huguenots, Lc devient le principal soutien du parti.
La paix est conclue avec les Huguenots qui promettent de rendre routes les places , Lc le Roi donne le u7Mars un Edit. Les hostilités recommencent bien-tôt, la Rochelle se soutient dans la révolté , Lc commencealors à prendre une forme de République. Le Prince de Condé y entre le 19 de Septembre; la Reine deNavarre s’y rend presque en même rems avec ses enfans. Le z y Septembre le Roi donne un Edit par lequelil déclare quil ne veut qu’une Religion en France , avec ordre à tous les Ministres de sortir du Royaume.
Les rebelles se rendent maîtres de trois Provinces, de Saintonge , d'Aunis, 5 c d’Angoumois. Un de leursMinistres, savant & sans reproche , blâme hautement la conduite des Huguenots , Lc prêche qu’il ne leurest pas permis de prendre les armes contre leur Prince , & qu’en vain ils se vantoœnr de reformer la