144 PI NUS, Pin.
II est assez indifférent de quel côté l’on faffe les entailles -les Ouvriers se décident principalement par la forme du troncde l'arbre, par la situation du terrein, ôc par la commoditéqu’ils auront pour faire les fosses: cependant comme c’est dansle temps le plus chaud de Tannée que le suc coule en plusgrande abondance, du moins en Canada, on doit en conclureque quand le soleil peut porter fur les arbres, il y auroit deFavantage à choisir le côté du midi pour faire ces entailles.
Lorsque les fosses fe trouvent remplies d’une certaine quan-tité de suc résineux, on le puise avec des .cuillères de fer oude bois , & on le verse dans des seaux pour le porter dans unSauge creusée dans un gros tronc de Pin , ôc qui peut conte-;nir trois ou quatre barrils.
On tient cette auge élevée fur des tréteaux, afin de pouvoirplacer des seaux au-dessous, pour en retirer la substance rési-neuse; & pour cela, on n’a qu’à déboucher un trou pratiquéau fond de Tauge, ôc fermé avec un tampon de bois.
Enfin, quand on a suffisamment ramassé de ce suc résineux/on lui donne une cuisson qui le convertit en brai sec ou enrésine. Avant d’expliquer cette préparation, il est bon de faireremarquer que ce suc résineux est une espece de térébenthine,moins sine à la vérité, moins transparente, moins coulanteque celle qu on retire du Sapin ôc de la Mélefe : elle est auífiplus acre ôc d’une odeur plus désagréable : cependant onì’emploie avec succès dans quelques emplâtres, ôc ses vertusdiffèrent peu de celles des térébenthines du Sapin ôc de laMélefe. On pourroit aussi, distiller cette forte de térébenthineavec de Teau, pour en tirer l’huile essentielle qu’on connoîten Provence fous le nom d’ Esprit-de-raze ; mais il est bien infé-rieur à celui qu’on tire de la térébenthine du Sapin : nous enparlerons dans la fuite.
Pour cuire le suc résineux, on monte une chaudière dscuivre rouge, capable de contenir une barrique de liqueur,sur un fourneau qu’on bâtit ordinairement d’un mélange deglaise, de sable ôc de foin : on a grande attention que les bordsde ce fourneau soient bien exactement joints avec la chaudière,afín que la fumée du bois ne puisse.fe mêler avec celle de i amatière résineuse ; car sans cette précaution la chaleur du
fourneau