I4« P I N U S, Pin.
la paille. Elle dépose sur ce filtre toutes les immondices, êLelle tombe fort nette dans sauge.,
On la laisse perdre sa grande chaleur; & avant qu’elle soitfigée, on la tire dans des seaux en débouchant le trou qui estau fond de l’auge, & on sentonne dans des barrils où elleacheve de se refroidir & de se figer : en cet état, cette substanceest brune , dure & cassante : c’est-là ce qu'o n appelle le Brai-ft cdont on fait plusieurs sortes de mastics qu’on emploie pour lescarénés des vaisseaux, & qui peut aussi servir à faire du braigras : nous en parlerons dans la fuite»
Le suc résineux du Pin épaissi par la cuisson, comme nouSvenons de le dire, sert à faire une matière à peu près sembla-ble au brai-sec : dans les Ports , on. l’appelle Résine. Pour fparvenir, lorsque le suc résineux est cuit & filtré, & avantqu il soit refroidi, on verse dans l’auge, où on l’a déposée aUsortir de la chaudière, une huitième partie d’eau fraîche, ouun seau d’eau sur huit seaux de résine. Cette eau froide agit ss'vivement avec le brai-sec qui est fort chaud , que le tout ensem-ble bout pendant une heure ou deux; & ce b rai, de brun qu’ilétoit, devient d’un beau jaune.
On a soin , pendant l’ébullition, de remuer continuelle-ment cette matière avec une spatule ; ôt avant que la résine"soit figée, on sentonne dans des barrils où elle se durcitcomme le b rai sec. En cet état elle change de couleur & denom ; on l’appelle Résine ,* fondue avec de l’huile, elle sert afaire une sorte de vernis dont on enduit les mâts & les hautsdes vaisseaux..
Il est évident que cette couleur que la résine contracte, estîeffet de la grande quantité de particules d’eau, qui restent"interposées entre les parties de la résine, puisque, par cette'opération, le b rai augmente de poids.
Avant de terminer ce qui se pratique au Canada, il estbon d’avertir que le bois des Pins qui ont fourni de la résiné _pendant douze ou quinze ans, n’en est pas moins estimé pourtoutes sortes d’ouvrages, & que les Ouvriers qui travaillentle goudron, prétendent que les racines de ces arbres en four-nissent une plus grànde quantité que celles des arbres qui nionspoint été entamés»