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ceux qui le lisent dans fa langue, qu’on peut passer pourenthousiaste. Qui pouvoit mieux apprécier l’Historien de laNature que son successeur & son rival ? C’est lui qu’il fautentendre parler de Pline. » Ce qu’il y a d étonnant, dit M. de
B usson(i), c’est que dans chaque partie Pline est également-- grand. L’élévation des idées, la noblesse du style, relevent» encore fa profonde érudition. Non seulement il favoit tout« ce qu’on pouvoit savoir de son tems, mais il avoit cette fa--- cilité de penser en grand, qui multiplie la science ; il-, avoit cette finesse de réflexion , de laquelle dépendent-, l’élégance & le goût, & il communique à ses Lecteurs-, une certaine liberté d’efprit, une hardiesse de penser, qui-- est le germe de la philosophie. Son ouvrage, aussi variém que la Nature , la peint toujours en beau. C’est, si l’on» veut, une compilation de tout ce qui avoit ete écrit» avant lui, une copie de tout ce qui avoit été fait d’ex-« cellent & d’utile à savoir; mais cette copie a de si grands« traits , cette compilation contient des choses rassemblées„ -d’une maniéré si neuve, qu’elle est préférable à la plu -s, part des originaux qui traitent des mêmes matières ».
Cet éloge est un jugement réfléchi. L’ouvrage de Plineest en esset la feule compilation de génie, auísi capabled’exciter celui des Lecteurs que de les instruire. Mais indé-pendamment de tout ce qu il y a mis du sien, combien doitêtre précieux un ouvrage qui nous met en état de profiterde Inexpérience & des découvertes des Anciens dans les con-
(i) Premier Discours fur l’Histoire Naturelle.