PREFACE. t
noissances naturelles qui nous font devenues íi cheres, decomparer leurs progrès aux nôtres, de calculer en consé-quence nos acquisitions & nos pertes, enfin, de revenirfur les pas de toute l’Antiquité, soit pour reconnoître seserreurs, soit pour recueillir les moindres points de lumièreque ses monuments peuvent recéler !
Au reste le portrait de Pline ne pouvoir être fait d’unemain plus sure que par un Ecrivain plein de son esprit.Mais on peut y ajouter quelques traits : car son caractèremoral est peint auísi naturellement que son génie dans toutson ouvrage. On y voit donc le bon Citoyen , le véritableAmi des hommes, le Philosophe social & sans faste, leSavant désintéressé , qui réécrit que pour être utile , &c nonpour cette vaine fumée, pour cette gloire d'un moment,dont il montre en toute occasion, avec tant d'énergie, lenéant. Toutes ses réflexions fur les mœurs respirent l'hon-nêteté, la vertu, la justice, & lamourde l’ordre. Sa religionseule est un problème : Pline varie beaucoup sur cet arti-cle , & l’on ne peut aisément le concilier avec lui-même.Car s’il confond Dieu & la Nature, s’il a cru le mondein-créé, éternel, lame périssable, Scc. ces opinions Epicu-riennes, qui font le pur matérialisme, sont contredites par lerespect qu il marque souvent pour les Dieux 5c pour la re-ligion de son pays. Un spectateur assidu de la Nature s’é-toit aisément accoutumé a ne pas envisager de cause supé-rieure à celle qui le frappoit si sensiblement. Mais, fansvouloir ni justifier , ni noter Pline d’athéisine , nous.laissons cette discussion à ceux qui voudront s’en occuper.