V ^ _ PREFACE.
s d qu’on vient de représenter l’Hiítorien de la Nature, ila eu chez les Modernes une destinée presque auíst bizarre,aussi variée que celle d’Aristote ( i) : tantôt regardé commel’Ecrivain de l’Antiquité le plus universel & le plus instruit;tantôt méprisé, traité de menteur , accusé de la plus gros-sière imposture , ou de la crédulité la plus imbécille. Qu’onreproche à Pline des erreurs: c est ce qu il a, fans contredit,de commun avec tous les compilateurs de faits & d obser-vations en tout genre. Qui de nos plus habiles Modernes,peut se piquer d’en être exempt ? Mais pour lui reprocherdes mensonges volontaires, tandis qu’il s’en montre par-tout l’ennemi le plus déclaré, qu’il tombe même à touteoccasion fur les Grecs, si décriés par les leurs, il faut savoirlu sans réflexion. II n'a pu , fans doute , éviter d’en copierquelques-uns dans leurs livres, parceque, voulant toutavoir, il n’avoit pas toujours le te ms de faire le discerne-ment nécessaire dans ce qu il transcrivoit ou faisoit trans-crire , & qu en se rendant trop difsicile , il eût craint peut-être de laisser échapper quelque fait intéressant (z). II fautconsidérer d’ailleurs que Pline n’ayant fini son Histoire quetrès peu de tems avant fa mort, il n'a pu la revoir, ni parconséquent lui donner cette derniere main qui fixe la con-dition des ouvrages. Si Pline ne mérite point le nom dementeur, il n est pas non plus si crédule qu’il peut le pa-roître à ceux qui ne font pas examiné d assez près. Car on
(i) Vid. lib. De varia Ariftotelis Curce: Equidem plura transcribo quamfortuna. credo. Liv. 9. c. 1.
(2.) II pouvoit dire comme Quinte