Préface de Pline. 39
notre tems, que je fais commencer où finit celle d’AufidiusBassus, Où donc est cette œuvre, demanderez - vous. Ellee st achevée, vous répondrai-je ; mais elle attend son pointde maturité ôc sa vraie consistance (16) du temscl’ail-leurs j’étois même comme résolu de la léguer par testamentpour fuir le reproche d’avoir eu l’amhition de lutter demon vivant contre un Ecrivain de ce mérite. Je compteme mieux ménager par ce moyen la faveur de nos descen-dants qui s’apprêtent à nous remplacer, & qui nous traite-ront fans doute comme nous avons traité nos devanciers.Je fuis, dis-je, assez de cette complexion,& vous en trou-verez une preuve dans l'attention que j'ai eue de citer aií-devant de mes Livres les noms des Ecrivains dont je m au-torise. En esset, c’est, si je ne me trompe, la marque d’unbon esprit & d’un naturel plein d'u ne honnête pudeur, d'a-vouer les sources auxquelles on est redevable, commem’ontpoint fait la plupart de ceux qui m’ont ouvert la .routes Carsachez qu’en comparant entre eux les divers Ecrivains, j aisurpris ceux d’entre eux qui faisoient le plus de protesta-tions d être inventeurs, & parmi ces derniers notammentles plus voisins de notre âge, je les ai, dis-je , íurpris trans-crivant mot pour mot & sans nommer, non à la maniéréde Virgile, qu on peut plutôt appeller une lutte qu’un pla-giat. Encore plus seloignent-ils de l’estimable simplicité deCicéron , qui dans ses Livres de la République s appelle lecompagnon de Platon, qui dans la consolation fur la mortde fa fille, s’écrie : je fuis les traces de Crantor; & qui endit autant de Panetius au Livre des Oítices (17 ;. Tous ou-vrages que vous reconnoissez pour être dignes non - feule-