HISTOIRE NATURELLE, LI V. II. 2 y
la plus utile au genre humain, d’autant que les uns n’ont aucunereligion, Sc que les autres ont une religion qui fait honte. Ceux-cise rendent esclaves des cultes étrangers (i 8), portent des dieux à,chaque doigt, adorent jufqu’à des monstres (19), réprouvent cer-tains mets (zo), Sc en imaginent d’autres (21). Us exercent fureux-mêmes une rigueur impérieuse, qui s’étend jusques fur lesmoments destinés au repos Sc au sommeil. Ils ne contractentpoint de mariage , ils n’adoptent point d’enfants, enfin ils nefont aucun acte, fans mettre de la partie les cérémonies reli-gieuses. D’autres vous tromperont dans l’enceinte mêmedu Ca-pitole, Sc parjureront Jupiter fulminant. Et tandis que les unsverront prospérer leurs crimes, les autres seront punis d’avoir eudes scrupules. Cependant, entre ces deux opinions fi diverses,l’efpece humaine a trouvé une divinité mitoyenne, qui sert c o mi-me de surcroît à l’incertitude de la nature de Dieu. En ester, partoute terre, en tous lieux, à toute heure, la Fortune est la feulegénéralement invoquée, réclamée, accusée, condamnée; elleseule occupe nos pensées ; elle feule est l’objet de notre éloge,comme de notre blâme. Nous néons envers elle l’outrage auculte, en l’appellant, les uns volage, les autres aveugle, vaga-bonde , inconstante, incertaine , capricieuse, Sc favorable auxmoins dignes. Nous lui rapportons la perte Sc le gain; Sc dans legrand registre des affaires humaines,elle est également cottéepoutla mise Sc pour la recette. Enfin nous sommes tellement fous la.dépendance duhafard ou fort, auquel elle préside, que nous avons
pervertit ici le texte. Au lieu de mons-tra quoque colunt : damnant & excogi-tant cibos j &c 3 il lit : Monstra quo-que qua damnant colunt : excogitant ci-bos , & c ; & U interprete damnant dansJe sens de occidunt. Innovation ôc in-terprétation également opposée au té-moignage des manuscrits , & à l’in-xention manifeste de l’ Auteur.
(11) Chez toutes les nations, les
mets des repas qui accompagnoientles sacrifices, avoient quelque chosede mystique, & exigeoient des ap-,prêts particuliers. Ici c’étoit une fortede pain ; là côtoient des gâteaux sa-lés ; ailleurs des biscuits mielés, oucertains fruits, cueillis d’une certainemaniéré , avec un certain instrument,fous certains' aspects de la lutte ou desautres astres , ôcc , ôcc. \ yi , L „ :