histoire NATURELLE, LIy, II. 27
charge; & qu’enfin, en donnant l’être à l’homme , elle ne l'apoint approché d’elle de si près, pour lui donner une conditionplus vile & pire que celle des bêtes.
Mais de toutes les considérations qui peuvent nous consoler del’imperfedtion de notre nature, c’cst fur-tout de penser que Dieumême'n’est pas tout-puissant ; qu’il ne sauroit se donner la mort ( 14)quand il le voudroit, prérogative la plus précieuse dont jouiísol’homme dans cette vie infortunée; qu’il ne peut douer del’éterniteun être mortel s ni rendre la vie à un mort ; qu’il ne peut faire quetel qui a existé n’ait point existé, ou que tel qui est parvenu auxhonneurs n’y soit point parvenu ; qu’il n’a d’autre pouvoir fur leschoses passées, que l’oubli qu’il en peut faire (15); ôc qu’enfin (pourjustifier auffi par des arguments risibles cette association de Dieu ànotre impuissance), il ne sauroit faire que deux fois dix ne soientpas vingt, ni beaucoup d’autres choses semblables. Tout cela fans«doute est une preuve manifeste du pouvoir de la Nature, &qu’ellefeule est Dieu. Je n’ai point regardé cette digression comme unhors-d’œuvre, attendu qu’il n’est point de question qu’on agiteplus souvent que celle de la Nature divine.
De la nature des planetes , & de leurs orbites .
Revenons de-là aux autres détails de la Nature. Ces astres,que nous disons être inhérents au ciel, n’ontpas été, comme le
dités , dont J’exécudon rencontre pourbarrières invariables l’essence consti-tuante des choses , essence fondée surles principes de la sagesse étemelle.Ainsi rexécution de ces chimères in-admissibles n’est impossible à Dieu quepar la feule raison quelle répugne à laperfection de sa sagesse. Et même , íìî on y prend garde de plus près, l’exé-cution de ces impossibilités limiteroitle pouvoir de Dieu, bien loin de re-tendre. Ces defis , dis-je , que l’ini-piété fait si hardiment à f Etre Suprê-
me , ne font autre chose que l’aveu dela suprême sagesse , puissance & per-fection de Dieu ; en m ême-rems qu’il ssont l’aveu du délire & de l’i-mpuis-sance de f impiété. Car soutenir queDieu ne peut changer l’essence consti-tuantes des choses, telle que le passédans le passé , les deux bouts dans unbâton, &c, c’est avouer que fa puissanceest infinie : puisqu’il n’y a qu une puis-sance infinie qui ait pu communiquerà l’essence constituante des choses unequalité indestructible & irrévocable.
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