histoire naturelle,
l i v. ii. 87
Théorie universelle des planetes.
Expliquons donc premièrement pourquoi des deux plane-tes inférieures dont le régime différé (i), Vénus ne s’eloigne ja-mais du Soleil de plus de 4 6 degrés (z), & Mercure de plus de*3 , & pourquoi il leur arrive même souvent de rétrograder avantque d’arriver à ces termes (3 ) ? L’une St Pautre planetes décrivent descercles dont le plan est opposé à celui des premieres , commêétant situées fous le soleil; St Parc de leurs cercles est égal danscette position inférieure à celui que forment les hautes planetesau-dest'us de cet astre. Elles ne peuvent donc s’en. ecarter davan*tage , puisque la courbure de leurs absides n’a pas , dans cettepartie-là, une plus grande longitude (4). C’est pourquoi Pune Scl’autre rencontrent les termes de leur évagation dans les bornesoù font renfermées leurs épi-cycles, St fe dédommagent des entra-ves de leur longitude par une latitude effrénée (5). Mais, dira-t-on, pourquoi rétrogradent elles quelquefois avant que de parve-nir Pune au degré 46, Pautre au degré z3. Qu a cela ne tienne :.elles y parviennent très certainement ; mais elles y procedentde maniéré à mettre en défaut les plus experts (o). II y a appa-rence que les absides même (7) de ces planetes fe meuvent alors
Venus dans fa . plus grande latitudeboréale s’écarte de Pécliptique d’envi-ron dix degrés, & que la plus grandelatitude de Mercure est de 6 degrés5 4 minutes : double écart dont n’ap-proche celui d’aucune autre planète.
{6) Presque tous les manuscrits por-tent canonicos , & non canonica. Ratiocanonica signifie une raison méthodi-que , une explication en réglé, au lieuque canonicus qui vient du grec cano-nicos signifie un Expert, un hommeconsommé dans son art, & commebous dirions un Gradué,.un Maítre-ès-,Arts :, &c. Auffi S.. Basile s’est servi decette expression, canonicos dans le feus
d’un homme très docte. On s’en sert:encore en style de Théologie , maisdans un sens . un peu différent, témoinUvre & Auteur canonique.
(7) Pour que les absides se dépla-cent , il faut que les centres se meu-vent &n’óccupent plus le même pointdu ciel. Pline donc, par une vainesubtilité , prétend qu’en certaines:époques le centre des orbites de Ve-nus ôc de Mars se déplace, & les or-bites avec le centre, & ces deux pla-netes tout d’un tems. Par où il croitexpliquer & rendre sensible comment:ces planetes peuvent fe trouver auxtermes réels de leurs cercles, encore-
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