HISTOIRE NATURELLE, LIV, ii. 9J
de celles dans Pair ( i ) desquelles elles traversent pour monter àleur apogée ; & que , de quelque côté qu’eîles touchent aux orbi-tes étrangères, elles en prennent la trempe. Ainsi. le voisinaged'une planète plus froide qu'elles, les rend pales;celui d’unepla-nete plus ardente les rend rouges ; celui d’une planète venteuseles rend comme hérissées. Le soleil même, aux nœuds tie leursabsides, & aux bornes de leurs orbites , les plonge 'à notre égarddans une obscurité totale. Chacune d’elles a toutefois fa couleurpropre (i). Saturne est blanc; Jupiter, clair ; Mars, ignée; l’Etoiledu matin,blanchissante; l’Etoiledu soir, flamboyante; Mercure,radieux; la Lune, d’une lumière flatteuse ; le Soleil, d’une cou-leur ardente à son lever, ensuite il devient tout rayonnant. Ajou-tez à ces causes des couleurs que nous montrent les planetes, laco-incidence accidentelle des rayons de tous les autres astres con-tenus dans les cieux (3) ; car tantôt leur grand nombre nousfrappe quand elles s’assemblent autour de la lune, celle-ci étanten quadrature, & par une nuit sereine qui sert à les faire bril-ler : tantôt c’est leur rareté , j’ai pensé dire leur désertion , quinous étonne, soit lorsque la lune, dans son plein, forme un voileà leur égard, soit lorsque les rayons des autres planetes , ou dusoleil, nous jettent dans un éblouissement qui nous dérobe lesdiverses constellations. La lune elle-même , fans contredit, seressent très diversement des rayons du soleil, rayons d’ailleurs na-turellement obliques ; la convexité du ciel venant à fléchir la drireétion de ceux qui se présentent de côté, & ne laissant parvenirintegres que ceux qui viennent frapper à angles droits : c’est pour-quoi la lune, dans fa quadrature, est à demi-éclairée; en trine-aspeôt le contour de son axe souffre encore quelque demi-
thent ou se reculent'de telle où telleautre constellation,parcequ’alors nousconfondons les rayons de cës constel-lations avec ceúx de ces planetes.D’anciennes citations de ce mêmepassage, fl elles sontbien fidelles, font
foi qu’ori lisoit autrefois dans les ma-nuscrits his caujìs connexus visus , aulieu de his causis connexo visu. Cesdeux leçons font équivalentes pourle sens.