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Tome premier.
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HISTOIRE NATURELLE, Lly. II. IJI

Suite des considérations fur la nature des vents.

Parmi les anciens , plus de vingt Auteurs Grecs nous ontlaissé des observations au, sujet des vents. Sur quoi je m’çton-nepremièrement de ce que ce globe ayant été de leur tems un théâ-tre de discorde, & divisé en autant de membres que.de princi-pautés , il s’est trouvé un auíli grand nombre d’hommes qui aienteu foin d’aller recueillir fur les lieux des connoiílances, pour ainsidire , si escarpées, fur-tout à travers les dangers des guerres, l’in-fidélité des hospices, &C les embûches des pirates, ces ennemis dugenre humain, qui assiégeoient alors presque toutes les issues ;obstacles tellement surmontés par ces premiers Observateurs, quequelqu’un qui arrive pour la première fois dans telle partie dumonde qu’ils ont décrite, apprend de leurs écrits plusieurs cho-ses essentielles relatives à ces régions, avec beaucoup plus d'exac-titude èc de vérité qu’il n’en trouveroit dans les récits même deshabitants du lieu. Mais mon autre surprise, c’est qisau sein d’unepaix aussi prospere , sous le gouvernement d’un Prince à ce pointjaloux du progrès des arts, on ne se mette aucunement en peine defaire de nouvelles recherches, non pas même d’étudier celles queles anciens nous ont transmises. Ce n’étoit pas qu’on eut de leurtems à espérer ces récompenses énormes & suffisantes à faire lafortune d’un grand nombre ; cependant, fans antre récompenseque la gloire d’être utiles à la postérité, plusieurs se sont portésà ces merveilleuses tentatives: d’où l’on peut juger que les récom-penses font en vigueur, mais que les mœurs font en décrépitude ;& que si l’on voit aujourd’hui une multitude innombrable de na-vigateurs parcourir impunément toute l’étendue des mers, &aborder dans tous les ports de la terre qu’une hospitalité univer-selle permet enfin de fréquenter, ce n’est pasl'amour des sciences,mais celui du lucre qui les détermine. Etrange aveuglement, quine leur laisse d’yeux que ceux de l’avarice, &C ne leur permet pasmerne de voir que les connoiílances géographiques font princi-palement nécessaires à ceux qui cherchent à faire fortune en