HISTOIRE NATURELLE, Uy. II. LQA
deseau ; au lieu que les gouttes versées fur la superficie convexe del’eau d’un vase ,s’écoulentnéceíïairementau gre de-la pente qu’ellesrencontrent. Par cette même raison, il arrivera que du tillacd’unvaisseau nous n’appercevions point la terre» & que nous la voyonstrès distinctement en montant au haut du mât. De meme st l'onattache au haut d’un mât quelque chose de brillant, cet objet vousparoítra descendre à mesure que le vaisseau s’éloigne de vous, Sc dis~paroîtra enfin totalement. En un mot, st cette convexité de 1 eaun avoir pas lieu , par quel charme l’océan, que nous avouons termi-ner notre demeure, formeroit-il un ensemble cohérent, Sc nes’épancheroit-il pas , n’étant plus arrêté par aucun bord ?
Ce problème résolu, on retombe dans un autre sujet d’admira-tion : c’est comment il se peut faire, l'océan étant convexe, queles eaux de l’hémisphere inférieur ne s’abîment point dans l’espace.Cela n’arrive point, répondrai-je , précisément pareeque la sur-face de la mer est uniforme, Lc qu’elle a cette figure ronde quenous lui connoissons, Les Grecs, auteurs de tant de découvertes,ont eu la satisfaction & la gloire de parvenir encore à celle-ci parla subtilité de leur géométrie. Quand les eaux s écoulent, disent-ils, ce ne peut être que de haut en bas j en quoi elles suivent lecours prescrit généralement pour toutes choses. On convient doncque les eaux de l’hémisphcre opposé, qu’on seroit tenté de regardercomme arrivées au dernier terme de la dévexité du globe, n’ont ce-pendant rien d’inférieur que l’apparence ; car, pour que cer amasd’eaux fans rivages fût parvenu là en vertu d’une pente , il fau-droic qu’en effet cette pente existât; or une chose ne peut s’a-baisser ni aller en pente, qu’en se rapprochant du centre de laterre. íl est de fait, par exemple, que le fond de l’océan est plusbas que fa superficie, par la raison que le fond de l’océan est plusvoisin du centre de la terre : il est de fait aussi que les lignes tirées entout sens du centre de la terre à la surface des eaux, sont plus cour-ses ( 5 ) que celles qu’on tireroit d’une extrémité de !a mer a 1 autre ;conséquemment il est sensible; que toutes les eaux, dans leur plusgrande extension, «'inclinent de toutes parts & tendent circulaîïe~Tome L * D 4