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Tome premier.
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histoire naturelle, LI v. II. II j

alla reconnoître, ou du moins se mit à portée de constater par desrécits fideles, que cette mer immense qui baigne la plage Scythi-que, se congele par une surabondance d’humeurs (3) ; ainsi iln’y a aucune vraisemblance que la mer manque où il y a surcroîtd’humidité. De I’autre coté, à Forient du monde, en deçà de lamer de FInde, toute cette partie qui, soumise à la même cons-tellation , s’étend jiisqu’à la mer Caspienne, a été visitée par lesarmées navales des Rois Seleucus & Antiochus , qui ont donnéleurs noms aux mers de Séleucie & d’Antioche. On côtoya aussien même tems un grand nombre de contrées le long de la merCaspienne (4)3 &c de cette sorte le septentrion, tant dans cettepartie, que dans la partie opposée, a été connu & pratiqué parles navigateurs, sinon dans tout son entier, du moins à très peud’exceptions près. Je ne ferai même aucune difficulté de com-prendre dans l’océan ouvert à la navigation , les Palus-Méoti-des, encore que les avis soient partagés sur leur nature ; car j’esi.cime, ou que c’est un golfe de l’océan , comme plusieurs Fontpensé, ou que c'elì un amas des eaux du même océan qui se sontengorgées là , & converties en marais.

De Fautre côté de Cadix, depuis ce même occident, les pro-grès de la navigation se sont étendus de nos jours, vers le midi,dans une grande partie de l’océan , tout autour de la Mauritanie.Les flottes victorieuses d’Alexandre le Grand ont fait connoître lamajeure partie du reste de cette mer, ainsi que toute la côte del’Orient jusqu au golfe Arabique. On dit que Caius César (5),fils d’Auguste, séjournant dans ce golfe, y reconnut les débris desvaisseaux Espagnols qui y avoient fait naufrage. Hannon, au temsde la prospérité de Carthage, voyagea par mer depuis Cadix jus-qu’à l’extrémité de F Arabie , & laissa par écrit la relation de cettelongue traite. Himilcon, d’autre part, fut envoyé dans le mêmetems pour faire le tour de FEurope, & en reconnoître toutes les cô-tes extérieures. De plus, Cornelius Nepos ( 6 ) atteste que de son temsun certain Eudoxe (y), fuyant les armes du Roi Lathyre, mit a lavoile au golfe Arabique, Sc pouíía jufqu’à Cadix. Bien avant