HISTOIRE N A TU R ELLE, L I V. II. II9
A droite & à gauche de cette ceinture brûlante, &c entré les deuxextrémités glaciales, il reste uniquement deux zones tempérées (5).Encore le paíïàge de l’une à l'autre est-ii impraticable, vu l'incen-die qui régné dans le ciel constellé,d’un bout à l’autre(é) de la ligne.Si donc vous concevez la terre divisée eh quatre parties, il est clairque le ciel à lui seul en retranche trois. On n’a point encore cal-culé au juste les usurpations de l’océan.
Mais je doute, s'il ne nous maltraite pas encore plus que leciel; d’autant que ce même océan, en formant un grand nom-bre de golfes, que nous détaillerons par la fuite (y), fait, pourainsi dire, écho & communication de bruit avec les mers inté-rieures. En effet, il les avoisine de si près, que le golfe Arabiquen’est éloigné que de cent quinze mille pas de la mer d’Egypte ;Sc que le golfe appeilé mer Caspienne n’est éloigné que de trois-cents soixante-quinze mille pas de la mer Pontique. Il entre*d’ailleurs dans les terres par tant de mers différentes , qui décou-pent en mille sens l'Asti que, l’Europe Sc l’Asie I
Défalquons à présent le terrein que prennent tant de fleuves»,tant de marais,.joignons-y. tous les lacs & tous les étangs. Re-tranchons encore de la terre habitable ces rochers escarpés, cessommets qui vont toucher le ciel, Sc oh la vue même n’atteintpoint fans effort : ajoutons-y les forets, les précipices, les lieuxpresque déserts, Sc ceux qui le font totalement par l'une de cescauses fans nombre qui multiplient les solitudes. àfoisà. toutesces portions de terre, ou plutôt , comme ont dit plusieurs Sages ,voilà ce point du monde ( car la terre est-elle autre chose qu’unpoint à l’égard de i’univers?), voilà cet objet de notre ambi-tion, ce théâtre de notre gloire. Là, font tous nos honneurs ; là,tous nos empires; là , toutes les richesses dont nos vœux fe repais-sent: c est aussi là, que le genre humain entre en discorde avec lui-
meme : c’est-là, que nous avons des guerres, Sc même des guerresciviles : cest-la que, par des massacres réciproques, nous chér-phons à nous mettre plus au large. Et pour ne point entrer dansle détail des fureurs publiques,-c’est-là que chacun repousse, au-