HISTOIRE NATURELLE, LIV. II. L Z Z
Suite (Tobservations gnomoniques. Invention des horloges.
C’ e s t auísi cette raison qui fait qu’un même cadran ( 5 ) so-laire ne fau toit être d’usage par-tout, l’ombre du soleil venant àchanger après trois cents stades, ou tout au plus après cinq cents.Tellement qu’à midi, au jour de l’équinoxe, Pombre de l’aiguilledu style appelle par les Grecs Gnomon , n’est guere que la moi-tié de cette aiguille en Egypte, tandis qu’à Rome (6) l’ombre,cejour-là, égale la dimension de l’aiguille,à un neuvieme pres;qu’aAncone il ne s’en faut que d’un trente-cinquième; & qu’ensin àVenise l’aiguille 8c Pombre sont alors parfaitement égales entreelles.
Ou & quand il rìy a point d’ombre.
C’est pareillement par une fuite de cette même théorie, qu’iîfaut expliquer ce qu’on dit de la ville de Syene , située à cinq millestades ( 1 ) au dessus d’Alexandrie : qu’à midi, au jour du solstice ,les objets ne projettent aucune ombre (z), &, que pour mieux cons-tater cette merveille, les Syénois ont creusé un puits, que lesoleil, dans cette époque, éclaire réellement en entier. D’oul’onpeut juger que le soleil est directement alors sor la tête des Syé-nois. On lit auísi dans Onésicrite, que pareille chose arrive dansl’Inde, au delà du fleuve Hypasis, précisément dans les mêmes
( 2 ) Ceci doit s’entendre unique-ment des obélisques, quilles, aiguil-les 8c autres formes pyramidales, 8cplus menues à leur sommet qu’à leurbase ; car toutes les formes qui ne fontoint de ce genre ( & tels font les ai-res , dont la cime est généralementplus étendue que le tronc ) toutes cesformes, dis -je , font de nature à for-mer nécessairement par toute terreune ombre sensible ; mais à Syene cetteforte d ombre est entierement verti-cale , tandis quelle est plus ou moinslatérale dans les autres pays. Paufa-
Tomel.
nias, Arcad. livre 8, 8c Strabon, livrez, font mention de l’abfence d’ombrequi fe remarque à Syene dans l’épo-que dont parle Pline. C’étoit une ob-servation extrêmement fameuse chezles Anciens. Lucain en parle dans faPharsale , livre 2 .
Umbras nusquam fleûente Syene.
Syene étoit une ville de la Thébaîdeaux confins de l’Egypte 8c de l’Ethio-pie fous le Tropique même du Cancerau vingt-troisieme degré trente mi-nutes de latitude septentrionale.
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