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Tome premier.
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HISTOIRE NATURELLE, L I y. II. 2,4 3

D ’cù vient la différence des nations.

Il est à propos de joindre ici certaines questions qui dépen-dent de la situation de la terre à l’égarddu ciel. Par exemple : onne sauroit douter que l’excelsive chaleur &; l’extrême voisinagedu.soleil, ne soit la cause qui fait naître les Ethiopiens avec ce teintbrûlé que nous leur voyons , Le ne soit auffî celle qui rend leurbarbe 8c leurs cheveux crépus. Au contraire ceux qui habitent la.plage opposée Le les contrées glaciales, font blancs de peau Le ontde longs cheveux blonds. Remarquez aussi que ces derniers peu-ples son c féroces & tiennent de la rigueur de leur ciel, Le que lespremiers font stupides, Le comme étourdis de la grande mobi-lité du ciel ( 1 ) fur leur tête; enforte qu’à considérer leur che-velure ( 2 ) , on peut juger que ceux-ci viennent d’un pays où lachaleur du ciel pompe Le attire à elle tous les sucs , Le que les au-tres au contraire habitent une contrée où l’humeur abonde &Centraîne par son poids ces longs cheveux flottants qui descendentjusques fur leur ceinture. Là , vous trouverez des animaux mons-trueux par leur malle ; ici vous en trouverez de variés à Pinfini patleur forme, principalement des oiseaux de toute efpece. Maisici, comme là, vous trouverez des corps d’une grandeur gigan-tesque , parceque chez les uns la chaleur provoque au dévelop-pement des parties , 8c que chez les autres, c’est Pabondance del’humeur qui fournit au même développement. Au contraire, con-sidérez les régions mitoyennes 8c combinées du mélange de cesdeux natures extrêmes , vous y trouverez par-tout une fertilitéégale en tout genre ; des corps ni trop grands ni trop petits , unteint de peau flatteur 8c tempéré, des mœurs douces , une con-ception facile , des génies féconds dont la capacité embrasse tou-tes choses. Ajoutez que ces mêmes Nations ont fondé de grandsEmpires ; ce qui n’est jamais arrivé à ces autres peuples reléguéspar leur situation aux extrémités du globe, 8c qui, par cette rai-son même , n obéissent point aux Nations voisines : celles-ci lesregardant comme isolés du genre humain, 8c les abandonnantA la férocité de leur nature 8c à Phorreur de leur climat.

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