histoire naturelle, LIV. II.
íìblement jusqu’aux moindres vestiges des villes & des campagnesabsorbées. Mais de tous les lieux sujets aux tremblements, il n enest point qui le soient plusxque les cotes maritimes (7).
Les montagnes font auffi. le siège fréquent de cette calamité.J’en juge pour avoir vu moi - même trembler plusieurs fois lesAlpes & l’Apennin (8). L’automne (9) & le printems (10) sont lesdeux faisons les plus fécondes en tremblements, de même qu’entonnerres. C’est pourquoi la terre ne tremble jamais dans lesGaules ( x 1 ), & en Egypte ; dans les unes, à cause de l'biver per-pétuel qui y régné (iz), dansl’autre, à cause de Tété (13) conti-nuel. Les tremblements arrivent auflì plus volontiers de nuit ( 14)que de jour ; mais les plus violentes secondes font toujours lematin (15) & le soir (16); & quand elles arrivent en plein jour,c’est presque toujours vers midi (17). Les éclipses, tant de luneque de soleil, sont auffi des époques où l’on doit s’attendre que laterre tremblera (18), y ayant tout lieu de craindre le réveil deséléments au sortir de raíïbupiílement(i 9)011 les jettent les crises deces astres. Mais le tems où il faut le plus s’y attendre, c’est quandde grandes chaleurs font suivies de grandes pluies, ou quand cel-les-ci font suivies de grandes chaleurs.
mais c’est un principe très faux à l’é-gard. de la France.
( 14) Le tremblement de terre quirenversa Lima en 1 -746, celui qui dé-truisit une Ville du Pérou en 1682,,& celui qui ébranla toutes les Açoresen 1757, arrivèrent à minuit.
(15) Le tremblement de terre qui aété si funeste à Lisbonne eu 1755,arriva dans ia matinée.
(16) Quoi qu’en dise Pline, l’His-toire fournit très peu d’exemples detremblements qui commencent le soir.
(17) Je ne trouve point d’exemplesde tremblements arrivés précisément
à cette heure. C’est une époque où ilsdoivent être fort rares, si le principecle quelques Physiciens modernes doitêtre admis : que les tremblements ontsurtout lieu quand Pair est le pluschargé de brouillards.
(18) Ceci a tout l’air d’un préjugépuérile , encore qu’un savant Jésuiteait paru l’adopter :■ ( Cabœus in meteon-Arijlot. 1 . 3.)
{19) Ou bien Pline â voulu dire queles tremblements arrivant d’ordinaineen tems calme,, on doit s’y attendredans lepoque des éclipses, sems au-qiiel la Nature est comme assoupie.-