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histoire naturelle, l i y. II. 301
ve.ilieux ( 1 ), lorsqu’on en voir jaillir de douces tout à la proximitéde la mer (i) comme íl elles croient amenees là par des canaux ;mais ce n’est pas où fe borne la merveille. Ces eaux douces fontportées fur la mer, étant fans comparaison plus légeres ( 5) qu’elle:c’est pourquoi l’eau marine, comme beaucoup plus pesante, porteauíìì de bien plus grandes charges (4) ' Parmi les eaux douces , ily en a même qui surnagent à l’égard des autres : telle est celle dela rivière (s ) qui fe jette dans le lac Fucin (6) ; il en faut dire autantde PAddua, qui fe jette dans le lac Larius (7), & du Ticin dans leVerban (8), du Mincius dans le Bénaque (9), de l’Oglio dans leSévin(io), du Rhône dans le Léman (x 1), ce dernier au-delà desAlpes , & les autres dans PItalie : toutes ces rivières traversentces lacs pendant plusieurs milles , comme à titre d’hofpîtaiité ,telles à leur sortie qtfelles croient à leur entrée, & fans jamaiss’enrichir (12) aux dépens de leurs hôtes. On attribue la mêmepropriété à l’Oronte (13), fleuve d’Asie, ainsi qu’à beaucoup d’au*tres. Quelques-unes de ces eaux par une forte d’antípathie pour lamer , fe dérobent fous elle , & s en font comme une voûte fouslaquelle elles passent sans se mélanger; telle est l’Aréthufe (14),
(7) Lacus • Larius , c’est-à-dire lacdes dieux Lares, aujourd’hui Lago diComo.
(8) Lacus VerbanuSj aujourd’huiLagò-Majore.
( 9 ) Lacus BenacuSj aujourd’huiLago-di-Guarda.
(10) Lacus Sevinus aujourd’huiLago-di-Seo.
(1 x) Lacus Lemanus j le lac de Ge-neve.
(12) Largiores ne signifie pas ici àla lettre plus larges 3 comme l’a en-tendu le Pere Hardouin, mais plus ri-ches. Pline, par une métaphore queles interpretes n’ont point comprise ,dit que ces rivières en agissent civile-ment avec leurs hôtes, & quelles ne
leur dérobent rien, pour dire qu’ellesconservent toute la pureté de leurseaux en traversant ces lacs.
(13) Ceci est confirmé par Srrabon,livre 6 . Nous parlerons de l’Oronte,livre 5, ch. 21 & 22.
(14) Peu de personnes ignorent cesbeaux vers de l’Auteur de la Hen-riade :
Belle Arctliuse, ainsi ton onde FortunéeRoule au sein furieux d’Amphitrite étonnesUn crystal toujours pur & des fíots toujours clairsQue ne corrompt jamais Famertume des mers.
Ces vers font une riche imitation deVirgile :
Sic tibi cum fluctus subter labere sicanos ,
Doris amara iuam non imermisceat undam.