Band 
Tome premier.
Seite
371
JPEG-Download
 

sur le second livre de Pline» 3 ?t

tes les apparences, joindre aux faitsrapportés dans ce chapitre, la rupturede l’isthme qui attachoit autrefoisl’Angleterre à la France. Le peu deprofondeur du Pas de Calais, & tou-tes les autres circonstances locales,font propres à faire croire que lesdeux terres croient jointes le temspassé. On trouve, des deux côtés, deslits de pierre de la même espece ; ilssont mêlés de craie , ils ont la mêmeépaisseur , & à peu près la même lon-gueur à Douvre qu à Calais. Ce n estpas toujours la mer qui est la premiè-re cause des changements dont il s’a-git ici ; c est quelquefois la terre quicede fa place en s’affaiíïant ou en tom-bant de plusieurs pieds, parceque lesvoûtes souterraines qui la foutenoientviennent à manquer. On ne peut gue-res, par exemple, expliquer autre-ment quelques-unes des circonstancesde l’inondation que souffrirent la Frise& la Zélande en 142.1 , lorsque Dor-drecht fut séparé de la terre ferme.

Page 178 , Chap. XC 11 I. Spirituslethales alibi 3 aut scrobibus emijji autipso loci Jìtu mortiferi. Les pays desvolcans fournissent ordinairement deseaux minérales , auísi bien des froi-des que des chaudes , & on est sujetauísi a y trouver des endroits dange-reux par les exhalaisons qui sortentde la terre. Celles qui font sulfureu-ses , font funestes , parcequ’elles sus-pendent la respiration j elles ôtent àPair , selon les expériences de M. Ha-les , l’élasticité qui lui est nécessairepour entretenir le jeu de nos pou-mons , & si l’on meurt,'c’est faute derespirer. Mais ces mêmes exhalaisonspeuvent être arsenicales , elles peu-vent être métalliques , & fans doutequelles nous font nuisibles, & mêmemortelles en agiíïant dune infinité demaniérés différentes. Léonard de Ca-poue en a fait un traité exprès : on les

COlinoìC ÍOUs le uum <Ip JVfrifptec A 2'3le Royaume de Naples où elles fontextrêmement communes , principa-lement après les incendies du Vésuve.L’ Averne a été fameux dans ce' gente,fa vapeur faifoit autrefois tombermorts j usqu’aux oiseaux qui en étoientsurpris ; ceux apparemment qui vo-ioient trop bas , 8c qui passoient fousles branches d’arbres dont ce lac étoitenvironné. Toutes les especes de Me-phitis ou de vapeurs malignes quenous connoissons, font semblables àune liqueur stagnante ; elles formenttoujours comme une surface unie &horisontale, au dessus de laquelle ellesne s’élevent pas : c’est-à-dire , que cesvapeurs n’imitent pas la fumée quifort de nos cheminées : elles font tou-jours plus pesantes que l’air j à mesurequ’elles se répandent par quelquefente ou crevasse, quoique quelque-fois sous la forme d’un vent ou soufleassez fort, elles retombent fur le fol,elles y rampent, ou fur la surface deseau , & elles ne montent que lorf-qu’elles trouvent quelque obstacle quiles empêche de s’étendre en largeur ;ainsi elles doivent monter davantagedans les endroits étroits & fermés ,dont le fond leur sert comme de bas-sin. Cependant on peut toujours lestraverser sans risque, pourvu qu’onne les respire pas, ou qu’on ait con-tinuellement la tête au deílus. Cesexhalaisons dangereuses font fréquen-tes dans les mines de charbon , oùon leur donne dans quelques-unes lenom particulier de pouffe. Elles y fontquelquefois si épaisses , qu’elles endeviennent comme palpables ; lesflambeaux s’y éteignent, ce qui don-ne la facilité de prendre des précau-tions , & de faire des expériences sa-lutaires : on reconnoit aisément lesendroits infectés , & la hauteur qu yoccupe la vapeur maligne.

Aaa ij