384 Notes de M. de la Lande fur le second livre de Pline.
(Gcogr. ref. pag. 144) estime que cetteopinion de 500 stades pour le degréétoit venue de Posidonius ; il avoirtrouvé pat la hauteur de l’étoile deCanopus que l’arç compris entre Rho-des à Alexandrie c toit la. quarante-huitieme partie du, cercle. Ilcroyoit,fur le rapport d’Eratosthene, que ladistance de ces deux villes étoit de3750 stades j il en conclut le degré de5 00 stades. Mais pour faire voir com-bien il y avoir peu de certitude dansce résultat, il n’y a qu’à considérerdeux choses ; la premiere, c’est que ladistance de Rhodes à Alexandrie qu’E-ratosthene trouva de 3 7 5 o stades avoirété jugée de 4000 ou 5000 par lesNavigateurs de ce tems-là, & que ce-pendant Eratosthene n’avoit pu la me-surer lui-même au travers de la mer.Cleomede en rapportant cette opiniond’Eratosthene. (Cy c/AíS Theori&. y c. 10),Sc Pline ( L. v. ch. 31 ) ne disent pasqu’il l’eut mesurée, ce qui en effetétoit impossible de son rems. Strabon( livre 2, pag. 125 ) dit à la vérité qu ill’avoit mesurée par le moyen du gno-mon , mais on volt bien que Strabonconfond la mesure de l’arc céleste avec.celle de la longueur itinéraire-j lapremiere à, la vérité pouvoir bien sefaire avec les gnomons, mais la se-conde n’y avoit aucun rapport.
La seconde observation qui prouveque cette mesure de Posidonius n a-,voit aucune précision ni aucune certi-tude , c’est que la distance de Rhodesà Alexandrie que Posidonius suppo-foit de 70 £ eu nombres ronds n’esttout au plus que de 50 | suivant lesobservations de M. de Chazelle, puis-que , 1 a latitude de Rhodes, est de36* 1 a S' 3 o", & celle d’Alexandrie3 X x' 28' / ( Mém. acad . 1761 , pag.
J 72 ), ainsi il y avoit près d’un tiersd’erreur dans cette partie de la me-sure. C’est donc marquer beaucouptrojp de confiance dans les anciennesopérations que de chercher à déter-miner la valeur des anciennes mesurespar les opinions des Anciens fur lagrandeur du degré, comme l’ont faitM. Freret (tome XXIV, pag. 436 Sc518, Sc. M. d’Anville, tome XXVIdes Mémoires de l’Académie Royaledes Inscriptions & Belles-Lettres ).
Eratosthene jugeoit le dégré de 700stades j il y a apparence que c’étoitdes stades Romains à en juger par letexte de Pline, cela faisoit 66283 toi-ses : si c’étoit des stades Alexandrinsde 114 toises ■—, le dégré suivant luieut été de 79891 toises au lieu de56820 que nous trouvons actuelle-ment pour la latitude d’Alexandrie. 11eut donc été trop grand de | de fa vé-ritable valeur. Le rondement de cettamesure dont Pline fait mention étoitqu’il y avoit 5000 stades d’Alexandrieà Syene , Sc qu’il y avoit entre cesdeux villes la cinquantième partie ducercle ou 7 0 12'. Or l’on étoit fort peusûr de certe distance itinéraire de5000 stades jusqu’au tems où Néronla fit mesurer par des Arpenteurs ; Scà l’égard de l’arc céleste compris entreces deux villes, il étoit certainementplus grand de près d’un demi - dégréqu’Eratosthene ne le supposoit ; ainsil’on a bien pu être alors dans Perreurfur la valeur du dégré 3 & si l’opinionde Ptolémée se trouve cadrer avec nosmesures , c’est probablement par lacompensation fortuite des deux er-reurs considérables dans les Anciens,autant que par Perreur que nous pou-vons commettre dans la réduction deleurs stades.
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NOTES