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Tome premier.
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3 26 Notes d* un Savant Anonyme

comme dit Theophane Isauricos , Bi-bliothécaire de l’Empereur Anastasequi vivoit alors, c’est-à-dire fan 700,ceux qui étoientsur mer ne pouvoientreconnoître leur route. De semblablesobscurités ne font pas rares ; & pourpeu que l’on ait lu les Navigateurs, onpeut savoir qu’il leur arrive souvent«serre ensevelis dans de pareilles obs-curités qui durent plus ou moins detems, &c qui les jettent dans le mêmeembarras que celui où tomberent lesNavigateurs dont Théophane parle.Cette explication aíTez satisfaisante

Í 'our ce cas-ci, ne peut pas l’ctre danse premier, où il s’agit d’une obscu-rité qui a duré un an. Comment ima-giner que le ciel ait été couvert toutce tems; & íì Ion vouloir que celafût, cette obscurité auroit autant ap-partenu aux autres astres qu’au soleil,comme dans les autres obscurciste-.ments que l’on a rapportés, & Plineauroit eu tort de ne l’attribuer qu’ansoleil. II faut donc avoir recours ausentiment de M. Celsius, & il paroîtd’autant plus probable, que l’on fait,par-les observations des Astronomes ,que le soleil est couvert de taches quine font pas toujours constantes dansleur figure & leur mouvement. Cestaches croient inconnues aux Anciens,& il y avoir une bonne raison pourcela : leur ignorance entiere des téles-copes , fans lesquels on ne peut voirces taches, en étoit la cause ; elles su-rent vues pour la premiere fois en1 6 1 o par Galilée , qui se fait honneurde cette découverte. Adversaire zéléde l’ancienne Philosophie, cette ob-servation lui fournissait de quoi ren-verser la prétendue incorruptibilitéattribuée au soleil par Aristote. Deplus Galilée s’apperçut bien vite qu’ily avoir de très grandes lumières a entirer pour la détermination de la figure& 4b mouvement du soleil-. Inexis-

tence de ces taches fut contestée à G a-hlee. On l’accusent d’être tombé dansune illusion, £ç l’on prétendoit qu’el-les n’exìstoient que dans les vers defa lunette ou clans ses yeux fatiguésqui ne voyoiènt que des bluettes. Cesentiment étoit celui des Péripatéti-ciens outrés. Ceux qui étoient plus sa-ges croyoient qu’elies étoient dues auximpressions & aux changements del’air, ou à des amas cie corps qui vo-ioient dans l’atmosphere, & qui tan-tôt se réunissoient & tantôt s’étei-gnoient les uns les autres. Quelques-uns plus Astronomes pensoient queces taches étoient de petites étoilesqui passoient dessus le soleil, & quipar leur grand nombre 8 c leur proxi-mité formoìent ces prétendues taches.D’autres enfin soutenoient que cestaches étoient inhérentes au soleil, &entre ceux-ci les uns croyoient qu’el-les étoient dues à des rochers, d’autresà des écumes qui s’élevent fur la ma-tière liquide dont le soleil est com-posé. Les esprits se sont réunis pourPune ou l’autre de ces deux dernieresopinions. Tardé, Malopertius & Gas-coigne étoient pour celle qui les re-garde comme des étoiles , le grand,nombre des Astronomes pour la se-conde, & ceux qui pensoient quellesn’étoient dues qu’à des matières fon-dues ont été suivis. Les changementsque ces taches souffrent dans leurgrandeur, leur nombre, la prompti-tude avec laquelle elles paraissent &disparaissent, prennent de Pexteniionou diminuent, ont déterminé pourcette derniere opinion. C’est cellequ’ont embrassé MM. Hevelius, Hal-ley, Flamsteed, Cassini, Picart, & plu-sieurs autres qui les ont auffi observéesdans différents tems, comme Taquet,Scott, Kircker, le P. Renaud, Boyîe,Hook & tant d’autres. Le concoursd’un fi grand nombre d’Auteurs celé-