sur le second livre de rime. 389
feuilles ou des fleurs quoiqu’elles nesoient point en terre. Personnen’ignore que les oignons communscommencent à végéter dans les en-droits où on les conserve pour desusages journaliers, si on ne les en-terre pas dans le tems où ils le de-vroient être. Les tulipes & les autresoignons à fleurs donnent souvent, augrand regret des Fleuristes, des mar-ques de végétation dans les serresmême. L’on a vu des oignons de cy-blamen ou pain de pourceau &t de sa-fran se charger de fleurs hors de terre& placés fur une planche, commeceux qui croient en terre : le pain depourceau ne porroit alors que desfleurs, ces parties devant paroître lespremieres. Ces différents oignons gar-dent même l’ordre des saisons où ilsdoivent donner les unes ou les autresde ces parties ; elles ne paroiííent pascependant aulsi exactement que Plinele prétend pour les fleurs du pouliot.La Nature n’est pas auflì régulière quecet Auteur le veut. Comme la végéta-tion dépend de plusieurs causes, sil une ou l’autre ne concourt pas dansle tems marqué & où ce concours mu-tuel doit communément se faire, lavégétation est retardée, ou avancées’ìl se fait avant le tems ordinaire.Inobservation de Pline a du rapport,quoiqu’il y ait encore une très grandedifférence, avec celle que bien desgens prétendent avoir faite fur cetteespece de thlaspì 3 que l’on appellecommunément rose de Jéricho. Suivanteux cette plante desséchée fleurit laveille de Noël si on la met dans seauchaude. Les branches de la rose de Jé-richo se contractent de façon en se sé-chant qu’elles forment une masse quiressemble grossièrement à une rose.
. Cette ressemblance éloignée,& le nomde l’endroit où ce thlaspì croît natu-rellegaent, lui ont fait donner le nom
quelle porte eh françois. Lorsque l’ontrempe le bout d’en bas dé la tige decette plante dans seau chaude, cetteeau excitée par les parties de feu dontelle est chargée pénétre peu à peu lesparties deíiechées. Les branches segonflent, elles secartentSt reprennentleur premiere situation pour laperdrede nouveau lorsque shumidité íe seraévaporée. Ces branches font l’effet dela languette d’étoffe que l’on plongepar un bout dans un vase rempli d’eau.Cette languette s’y imbibe insensible-ment d’eau, & elle la pompe à un telpoint, que le vase reste à sec au boutd’un certain tems, seau ayant dégoûtépar l’autre extrémité de la languette.Cette derniere circonstance fait toutela différence qui est entre cette expé-rience & celle que son fait avec lethlaspì. Les vaisseaux de la planteétant remplis, seau ne peut plus s’yintroduire , ils ne font point ouvertspar leur extrémité supérieure, seau nepeut ainsi s’en écouler. La languetted’étoffe n’est point un tissu dont lesparties soient ainsi terminées. Ce nelont point des vaisseaux qui renfer-ment la liqueur. Cette liqueur ne faitque couler le long des brins dé lainequi par le filage ont été contournés enspirale, figure qui facilite s ascensionde seau dont chaque goutte est pous-sée par celle qui la suit jusqu’à cequ’étant arrivée au bout de la spiraleelle est obligée de tomber, ne trou-vant rien qui puisse sen empêcher. Ledéveloppement de la rose de Jérichon’a donc rien qui doive surprendre.L’011 volt même plus d une plante re-vivre en quelque forte lorsqu’elletrempe quelque tems dans seauchaude. C’est même un moyen que lesBotanistes emploient lorsqu’ils veu-lent étendre des plantes qui font de-venues méconnoissables par le reco-quillement quelles ont. souffert eu