35>6 Notes d’un Savant Anonyme
qu’elles font dans le cas des partiesrouges du sang très divisées ou répan-dues dans beaucoup d’eau ou de séro-sité , & qui sont alors transparentes 8 cfans couleur déterminée. Indépen-damment de ces raisons contraires,oh en tire encore une de ce qui arrivedans ces pluies ; elles laissent de leurstnarques dans des endroits où lespluies ordinaires ne peuvent pas péné-trer. Cette derniere difficulté, dontChildrey paroít avoir senti toute laforce, Ta porté à demander que l’onfît aux environs de Pool & dans l’iflede Wigfit des recherches pour s’assurers’il n’y avoir pas dans ces cantons plusde papillons 8 c de sauterelles qu’ail-leurs, puisque c’étoit à des animauxsemblables que M. de Peiresc attri-buoit ces pluies de sang. Le doute 8 cl’incertitude de Childrey ne peuventtout au plus que prouver combien lavérité a de peine à percer les épaissesténèbres de Terreur, & ne peut en rieninfirmer le sentiment de M. de Pei-resc. Ce grand homme l’avoit si bienétabli, qu’il a été embrassé par tousles Naturalistes postérieurs à Childrey.C’est un fait constant, ditMerret dansfa Collection des choses naturelles ,que la pluie de sang n’est autre choseque les excréments des insectes. M.Derharn dans fa Théologie physiquene pense pas autrement, & s’il en rap-porte les preuves tirées de la vie deM. de Peiresc par Gassendi, ce n’est,comme il le dit, que pour la satisfac-tion duLecteur. M. de Réaumur, dontl’autorité feule fait infiniment dans cesfortes de matières,, après avoir donnéun précis des observations de M. dePeiresc, les appuyé de celles qui luifont propres: elles peuvent fe réduireà ceci. Tous les papillons qui font nésfous ses yeux de chenilles épineusesont jetté une ou plusieurs gouttesd’excréments d’un rouge de sang : les
papillons d’une de ces chenilles quîvit fur Torme font si communs enquelques années, que s’ils voioientensemble, il y en auroit assez pourformer de petites nuées j il y en auroitpar conséquent assez pour couvrir lespierres de certains cantons de tachesd’un rouge couleur de sang., & pourfaire croire à ceux qui ne cherchentqu’à s’effrayer&qu’à voir des prodiges,,qu’il a plu du sang. Le sentiment deM. de Peiresc ne peut sans contreditqu’acquérir plus de certitude, étantembrassé par d’auífi grands Natura-listes y mais les observations fur les-quelles M. de Peiresc Tavoit établiétoient de nature à convaincre toutesprit sensé & capable de se rendre aTévidence. Il ne s'y étoit rendu lui—même qu’après avoir confronté les ta-ches de pluie avec celles qu’un papil-lon renfermé dans une boîte y avoitlaissées, les avoir trouvées entierementsemblables, & qu’après avoir observéattentivement les endroits où cesgouttes de pluie se voyoient. » Elles-- fe trouvoient non fur les édifices ou.» fur les surfaces convexes des pierres,35 comme il seroit arrivé si véritable-3> ment il fût tombé une pluie de sang ' y33 mais elles se trouvoient dans les33 creux ou dans les troux qui pou-33 voient servir de nids à ces petits33 animaux. Outre cela les murailles33 qui en étoient teintes n’étoient point33 placées au milieu des. villes, mais33 dans le voisinage de la campagne, 8 c33 cette couleur se voyoit non fur les33 parties les plus élevées de ces mu-33 railles, mais seulement à une hau-33 teur médiocre à laquelle ces papil—39 Ions avoient coutume de voler. 33 SiTon compare maintenant ces remar-ques avec le détail que Ton a donnéd’abord des différentes pluies de cetteeípece, on remarquera facilement queces pluies ont beaucoup de rapport les