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Tome premier.
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40 z Notes d*un Savant Anonyme

mémorable, fi nous n’étions pas main-tenant auffi éclairés que nous le som-mes fur des événements de cette na-ture. Les hannetons, les petits sur-tout & les sauterelles pourroient éga-lement faire naître des pluies sembla-bles. Ils se multiplient quelquefois fiprodigieusement, qu’ils font craindrepour les biens de la terre ; mais com-me j’aurai lieu d’en parler autre part,je reviens à ce que les Auteurs nousOnt laifle fur cette matière. Les exem-ples qu’ils rapportent de ces préten-dues pluies d’insectes ne font pas fré-quents, j’en ai du moins peu trouvés.Dalechamp, dans son Commentairesur un chapitre de Pline , dit qu’iltomSa du ciel en une nuit une sigrande quantité de chenilles , qu’ilfallut employer deux jours entiers àles brûler avec de la paille, 8c que leshommes 8c les femmes suffisoient àpeine à les détruire. Selon Vormiusdans l’histoire de son cabinet, chapitre% 3, livre j, il a plu en Istande des che-nilles & des vers de terre, ce qu ilavoir appris, dit-il, d’une personnedigne de foi. II est étonnant qu’un Na-turaliste austi éclairé que Vormiusn’ait pas senti l’origine de ces pluies,8c sur-tout celle des vers de terre. 11devoit avoir vu celle-ci très souvent.II pleut rarement sans que ces insectesíòrtent de terre. La surface des jardinsen est quelquefois toute couverte,dans le rems principalement que cesanimaux doivent s’accoupler j 8c quivoit cette quantité ne peut qu en êtresurpris. Un Auteur au reste qui commeVormius a cru qu’une espece de ratou plutôt de petit castor a pu tomberainsi en pluie, comme nous l’avonsvu, n’a pas dû douter de celle desvers de terre, croyant sur-tout que cesanimaux, comme bien d’autres, pou-voient prendre naiflance dans lesnuées, y croître & y devenir assez

gros pour qu’en tombant fur terre ilspussent la ravager Sc manger les bledsSc les autres grains.

Mais terminons tout ce qui ap-partient à ces pluies prodigieuses.Aucune n’est plus croyable , abstrac-tion faite de la création spontanéedans les nuées , que les pluies delaine. Un tourbillon de vent quiaura emporté de la laine étendue ausoleil pour sécher, Sc qui l’aura laisséretomber dans quelque canton éloi-gné de celui-ci, aura tout exécuté »8c aura été enrichir les habitants dece canton , comme celle dont Ma-jole parle d’après plusieurs Auteurs ,8c qui tomba en Atrebate du tems dePEmpereur Valentinien. Les brins delaine par leurs entrelassements for-ment un espece de tissu naturel quidonne plus de prise au vent sur le to-tal , 8c qui en facilite Penlevement. Lalégéreté de la laine 8c la surface queces brins entrelassés peuvent formerpar leur nombre, font que les massesde cette laine qui font emportées parle vent peuvent se soutenir long-temsen l’air, être poussées de plus loin enpelotons, 8c tomber enfin après avoirperdu tout le mouvement qui leuravoir été imprimé par le vent. 1 His-torien de l’Académie Royale desSciences rapporte un fait à peu - prèssemblable qui arriva à Francieres ,Château à deux lieues de Compiegne.Dans un instant, le tems étant trèsserein 8c très tranquille, un coup devent se fit sentir dans la cour de ceChâteau, où il y avoir du foin d’é-tendu, 8c qu’on faisoit sécher. Ce foinfut emporté par le vent, paííà par-dessus le Château, 8c alla tomber àplus d’une on deux portées de fusil decette maison. Le vent n’avoit qu’àcontinuer quelque tems, le foin seseroit soutenu en l’air, il auroit étéplus loin former peut - être une pluie