404 Notes d* un Savant Anonyme
Ceux-ci furent reconnus pour les ra-cines de la plante nommée ci-dessus,& dès-lors le miracle cessa , dans l’es-prit du moins de ceux qui ne se ren-dent qu’à l’évidence.
Grâces aux Observateurs que nousavons cités, l’on est donc maintenan-en état d’apprécier toutes ces préten-dues merveilles , l’on fait à quoi s’entenir. Les pluies de sang ne sont plusque des gouttes d’une liqueur excré-mentitieuse, déposées par des insectes,celles de chair ne font que des insec-tes qui se sont pourris dans quelquesendroits où ils avoient été ramastés entas j celle de grenouilles, de crapaux ,de rats, de chenilles, de vers de terre,ne font que des quantités de ces ani-maux qui sortent presque en mêmetems de leurs trous , ou qui font por-tés par quelque tempête dans un mê-me lieu ; les veaux & les femmes tom -bés des nues , font des contes faits à
{ staisir. Les pluies de laine , font desaines ou des foies d’araignées empor-tées par le vent, & qui retombent en-suite. Les pluies de froment, font dessemences de différentes plantes enle-vées également par le vent, ou desracines de plantes que des aversesd’eau arrachent de terre , ou qu’ellesne font que découvrir. Tout rentrealors dans Tordre , la Nature ne sedément point, le prodige tombe, lepeuple s’éclaire, il volt la vérité.
Chap. LVIII. Sur les pierres quitombent du ciel.
Pour démontrer la fausseté de l’ac-complissement de la prédiction faitepar Ànaxagoras, il suffira de dire avecM. Huygens dans son Cosmotheoros ,qu’un boulet de canon qui conserve-roit toujours le même dégré de vitesse,ne parcourroit que dans 25 ou dumoins 24 ans l’espace qui est entre lesoleil & l a terre, en supposant aveclui que cette distance monte au moins
à 12000 diamètres terrestres. Véritéque Niewentyt démontre de la façonsuivante dans son ouvrage sur Inexis-tence de Dieu. Nous allons faire voir,dit cet auteur , que ce que M. Huy-gens a avancé, n’est pas éloigne de lavérité.
1 9 . Selon la mesure exacte & justedes Mathématiciens François , un dé-gré de cercle fur le globe de la terremonte à 57060 toises de six pieds 5d’où il fuit que son diametre est de6,538,594 toises , selon M. Huy-gens & Vohisthon dans ses Prélectionsastronomiques , page 13.
2 0 . Ceci étant multiplié par 12000,la distance du soleil à la terre monteraà 78,463,128,000 toises de France.
3 0 . Or, par les expériences de Mar-senne, un boulet de canon parcouredans un battement, ou dans une se-conde , environ cent de ces mêmestoises 3 il lui faut par conséquent784,63 1,280 secondes , pour passeravec la même vitesse de la terre ausoleil.
4^. Ce nombre est un peu plus pe-tit que 788,940,000, qui font lasom-me des secondes de 2 5 années,chacunede 365 jours 6 heures ; on peut voircela dans la supputation de M. Huy-gens.
Si la vitesse du boulet de canonéblouissoitl’imaginationde quelqu’un,continue Nieuwentyt, il n’a qu’à sup-poser, qu’un animal, comme un che-val , un cerf , un oiseau ou un vais-seau , doit parcourir T espace qui estentre le soleil & la terre , à ne faire
? [ue 50 milles dans 24 heures , il luiàudra pour le moins 1100 ans pourfaire ce chemin : cela est aisé à sup-puter , si on suppose :
1 °. Que le soleil est éloigné de laterre de 12000 diamètres terrestres.
2 0 . Qu’un dégré , selon le calculdes Pilotes, étant de 15 lieues Hol-