4 í 4 Notes d*un Savant Anonyme
f er qu-elles lie puissent se rapporter àquelques-unes des précédentes ; &de-là il importeroit peu, quand onles connoîtroit déja , d’en citer unplus grand nombre. Je passe donc auxrivières qui donnent des incrustations.Beaucoup de ces rivières pourroienten fournir, íî l’on vouloir regardercomme incrustations ces dépôts qu’el-les forment lorsque,dans leurs crues,elles fe chargent d’une quantité deglaise, de marne, ou de fable qu’eilesdéposent dans leur cours. La Marne ,par exemplé, feroit dans ce cas. J’airamassé fur fès bords des moules, dif-férents turbiiiites incrustés de façonq u-o n ne reconnoît presque plus leurforme, & que la bouche de ces der-niers ess presqu’enriëremèHt fermée;LèlCabihéé de M.'de Réaumur ren-fermê 'ûn morceau de' charbon qui estcofrime -èeS coquilles, entouré d’unematière: crayeuse ou marneuse. Cetteriviere 8c ses semblables- ne font pascependant de celles que l’on peut re-garder Comme des rivières communé-ment appellées pétrifiantes. Dès-lorsje n’en sache pas en France de la forcede ! la Marne qui ait cette propriété :ce ne font au plus que de petits ruis-seaux. L’on ia.it depuis long-tems ,par les écrits du Médecin Venette , siconnu’ par son Tableau de PAmourconjugal, que: le petit ruisseau Veron,auprès de Sensest de ce genre. Lesmontagnes de la Franche-Comté, dansle voisinage de Bezançon, donnentnaissance 'a deux Yuisséaúx pareils ,éloignés dé plus de vingt-cinq lieuesl’un dé l’autre. Je n’ai pas vu les in-crustations du ruisseau Veron ; ce n’estque fu r le témoignage de Venette quej’en ai parlé. Cet Auteur assure qu’ilincruste les plantes de ses bords. Lesincrustations des deux autres font auCabinet de M. de Malesherbes. L’uneest un amas de mousses réunies ensem-
ble par ja matière qui a été déposée,& qui n’en a fait qu’un tour par laquantité de cette matière, qui rem-plir les intervalles qui se trouvententre les branches & les ramificationsde ces mousses. 11 n’auroit fallu quelever ces tousses de mousse à propos,pour avoir les plus jolies incrusta-tions de cette forte. L’autre, quoiqueplus unie, plus simple , a quelquechose d’abord qui surprend. Peu depersonnes , même celles qui font ac-coutumées avoir de ces dépôts, n’yfont pas trompées. Celui-ci ressembleen effet entièrement à une planche desapin. La couleur des nœuds, lés vei-nes du bois, les. marques des dents dela scie, la pousiiere même qu’elle afaite en passant, &c que l’on remar-que très distinctement , le rendenttout-a-fait ressemblant à des planchesde ce bois , 8£ l’on pourroir- appelletcelles qù’il fait planches pierreuses.Elles fe forment dans un aqueduc faitde planches de sapin , qui conduitl’eau d’un ruisseau aux roues d’un mou-lin. Cette eau claire , limpide , 8cqui paroir d’une pureté admirable, estcependant chargée d’une - fi grandequantité de fable , fi fin ôc fi ténu ,qu’il est imperceptible à la vue, 8c netrouble point Peau. Cette eau formecontre les parois dit canal où elle passecette concrétion qui prend la figure dubois contré lequel elle s’attache enpastant, & rempliroitbien-tôt tout lepassage de Peau , si l’on n’avoit le foind’enlever ces planches pierreuses lorf-qu’elles deviennent trop épaistes. Cesplanches cependant ne ressemblentbien à celles de sapin que d’un côté ;& on doit bien l’imaginer , puisqu’el-les n’ont touché aux parois du canalque par la surface inférieure : la supé-rieure ne paroît qu’un sable lisse, on-dée & durcie. Les cassures de ces plan-ches font voir les différentes couchas