Band 
Tome premier.
Seite
415
JPEG-Download
 

sur le second livre de Pline. 41

de sable qui pourroient faire juger delage de ces concrétions, ou, pourmieux dire, des années qu’elles fontà se former.

Je ne connois pas de lacs pétrifiantsen France. Childrey , Auteur d’unOuvrage intitulé : Histoire Naturelled’Angleterre , rapporte , d’après Ne-dham, que le lac de Lomond , enEcosse, a cette propriété. Ce lac estd’environ vingt ou vingt-quatre mil-les de long, & de huit milles de large.L’Angleterre, suivant le même Chií-drey , a des fontaines pétrifiantes. Ilparle de celle de l’Abbaye de Barlay ,environ à deux milles de Maidstone,Cette eau recouvre en neuf jours lescorps que l’on y plonge. Childrey nedétermine pas le tems que celle deHeddenton , proche d’Oxford, em-ploie à cet effet j il dit seulement engénéral , que le tems nécessaire estcourt. Le grand froid de celle de Lut-tervòrth, dans la province de Leices-ter , auquel l’on attribue l’incrustationqu’elle occasionne, n’en est .pas cer-tainement la vraie cause. Il ne saut lachercher que dans celle qui est géné-rale à toutes les autres fontaines decette nature.

Chap. CIII. La fontaine d’Ham-mon ejl froide pendant íV jour &.bouillante pendant la nuit.

Pline parle d’une fontaine sembla-ble à celle-ci au chapitre V du cin-quième livre. Débris , dit-il est arro-sée d’une fontaine dont les eaux sontfroides en plein midi, & bouillantesà minuit. Solin a joute de plus, qu’ellejette une vapeur enflammée ; que quel-quefois elle est d’un froid de glace. IIest, continue Solin, presqu’incroyableque la Nature puisse en si peu de temsêtre ainsi contraire à soi-même. Pom-ponius Mela ( I. i , c. 8. ) rapporte dela fontaine d'Hammon à-peu-près lamême chose que Pline. L’on n’a point,

à ce que l’on sache , observé depuis letems de Pline des fontaines pareilles.Ce que Bocace raconte de celle qui estvers le golfe de Baie en approche unpeu. Cette fontaine, dit-ìl, est alter-nativement chaude & froide deux foispar jour. II ne manque à toutes cesobservations qu’un peu plus d’auten-ticité pour mériter toute notre croyan-ce. Pline ne parle que d’après des rela-tions qu’il avoit apparemment lues ;&les deux premiers Auteurs que l’ona cités , paroissent être dans le mêmecas , & avoir tiré des anciens ce qu’ilsracontent. Ce que le troisième dit n’apas été, que l’on sache, confirmé, &ne mérite peut-être pas plus d’être cruque les relations des trois premiers.L’on n’ose pas cependant prononcerfur ce point, on doit attendre desNaturalistes la solution de ces diffi-cultés , damant plus que l’on con-noit des fontaines qui, quoique moinssingulières que celles-ci, ne laissent

f ias que de l’être par la propriété qu’el-es ont d’être d’un froid vif &ç cuisantdans les plus grandes chaleurs de l’été,fans parler de celle dont il a été ques-tion à l’article des fontaines préten-dues pétrifiantes. M. Charas , de l’A-cadémie Royale des Sciences, a faitconnaître trois fontaines de Francequi font dans ce cas. M. Charas croitmcme que l’on courroit risque d’êtreperclus de la partie qu’on plongeroitdans la premiere de ces fontaines , sion l’y laissoit quelque tems, celle quiest au haut du mont Pila fur les fron-tières du Lyonnois & de l’Auvergne ,près de la petite ville de S. Chaumont.Au haut du sommet de cette monta-gne , qui est fort haute, il y a un bas-sin de quatre à cinq toises de diametre,d’où il fort unè aífez grande quantitéd’eau pour faire une petite riviere. Laseconde est au pied du mont Ventoux ,sur la frontière du Dauphine 8c du