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Tome premier.
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V

Notes cfun Savant Anonyme

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Comta* Venaiilm. Cette fontaineaohnè austi naissance' à une riviere,qui, rencontrant à cinq ou six lieuesde-là une autre riviere , appellée laLauveze ou la Louveze, va fé j erreravec elle dans le Rhône sseux ou troislieues plus bas. La troisième est fur leliiont Genevre , dans le haut Dau-phine. Elle n’êst pas moins froide queles deux autres , & elle produit deuxrivières , la Durance & le Pô. Cesfontaines lbnt ainsi froides, quoiqueles rayons du soleil dardent desius.Celle du mont Ventoux garde mêmeun égal. degré de froid à un quart delieue dé fa source. La riviere qu’elleforme áuroit cependant dû être échauf-fée pendant lè rems qu’elle., est à par-cúiíriiq'cetre étendue dé terréïn. Maisqu on he pense pas .que ces fontainesne font ainsi froides que parçeque leurseaux font fnôins échauffées que le sangde celui qui fait cette expérience, ôcqu’elle ne font fur fa main que l’effetqui est produit fur tout le corps lors-que l’on descend en été dans dés lieuxsouterrains, qui font, comme l’onfait maintenant, d’après les expérien-ces de M. Mariote , plus chauds enété qu’en hiver, qúoiqu’il semble , eny entrant, qu’il devrait en être toutautrement. Ces fontaines sont réelle-ment très froides dans les' plus grandeschaleurs, même du mois de Juin. Ondemandera peut-être la cause d’unfroid auíîï grand. Des Auteurs ontprétendu que l’air étoir rempli de selsnitreux qui formoienr les neiges , lagrêle & la glace. Si 1 existence de cessels c toi t démontrée, & qu’il n’y eûtaucune difficulté ù objecter contre cesentiment, on pourroit peut-être ex-pliquer , au moyen de ces sels, le froiddes fontaines en question , il ne s’agi-roit que de supposer que les sels n’yfoïït répandus qu’au point nécessairepour y exciter un grand ttoicl, mais

incapable de glacer ces eaux. Cetteexplication auroit quelque chose, despécieux ; mais l’analyfe de ces eauxne donnant pas plus de sel nitreuxque celle dé bien d’autres qui fontbeaucoup moins froides , il y a lieu depenser que la rapidité .avec laquelleseau sort de ces fontaines, fuivarit laremarque de M. Charas , est la feulecause de ce grand froid. Cette rapiditéétant aussi grande , elle empêche queles rayons du soleil puistent échaufferces eaux.. Ils ne les pénètrent qu’àpeine, ils ne s’y introduisent en affezgrande quantité que lorsque ces eauxont coulé long-tems fur la terre, qn’el-les ont rallenti leur cours, & qu’ellesse sont ainsi rapprochées de l’état déseaux stagnantes, qui acquièrent, enété , un degré de chaleur asiez grandpour qu’elles en deviennent désagréa-bles à boire.

Chap. CIII. IIy a fur le mont Be-rofe trois fontaines qui font mortelles 3& dont on ne peut prévenir les effets paraucuns remedes.

Plusieurs Naturalistes parlent defontaines auísi funestes. Les preuvesqu’ils en apportent, font que les oi-seaux qui volent au-dessus de ces fon-taines , tombent suffoqués par l’odeurqui s’en éleve ; qué s’ils Boivent deleur eau , de même que lés autres ani-maux , St les hommes, ils en font em-poisonnés. L’on ne peut disconvenirqu’il y a des fontaines dont les eauxfont chargées de parties propres à don-ner la mort. 11 suffit pour cela que ceseaux aient passé sur une mine de cui-vre , d’arsenic , ou de quelqu’autreminéral donr faction soit corrosive:celles dont'Pline parle peuvent êtrede cette nature ; & dans ce sens ilpeut y avoir des fontaines mortel-les ; mais qu’il s’en trouve qui exha-lent une vapeur affez vive pour agirpromptement fur clés animaux cloí-