HISTOIRE NATURELLE, LIV. X. 6 l
que celui-là; son volume est tel , qu’il se laisse prendre quel-quefois à terre sans pouvoir se remuer. Il naît dans les Alpes ÔCdans les pays septentrionaux.Renfermé dans des volières, il perdson fumet, d’ailleurs se fait mourir de dépit en retenant sa res-piration. Après ces oiseaux, les plus gros font ceux de lespecenommée par les Grecs ôtis (21); les Espagnols les désignent sousle nom d’oiseaux tardifs. Ils ne valent rien à manger; Le Todeurde leur moelle, au moment où on la tire des os, fait soulever lecœur.
Des grues ; des cicognes; des cygnes; des oiseaux étrangers ;des cailles ; & de ïoiseau glottis , ou tire -langue , ou roides cailles.
Les grues (i), comme nous l’avons dit ailleurs (2), font laguerre aux Pygmées ; Le ceux-ci n’ont de treve qu’au départ déces oiseaux. Le pays quelles traversent dans leur route est im-mense; car elles viennent des bords de la mer (3) Orientale. El-les partent d’un commun (3*) accord, Le se choisissent un chefpour les conduire. Elles volent toujours très haut, pour dé-couvrir de plus loin. Elles ont à la queue de la troupe un corpsd’inspeéteurs qui se relevent, à la voix desquels elles obéissent,ôe qui, par leurs cris, empêchent qu’aucune ne s’écarte. Quel-ques-unes font (4) sentinelle pendant la nuit, posées fur (5) unpied, Le soutenant de l’autre une petite pierre, dont la chute,
l’océan oriental la plus voisine du cer-cle polaire. En effet, au voisinage decette mer, on trouve encore aujour-d’hui la contrée de Grus- Tinskï & laville de Grujiina ; dénominations quiparoisient mdiquer le séjour des grues.
. (3*) Aristote, Tlifi. Anim. 1 . 9, cha-pitre 14; Solin, chap. 10. Consultezauui plusieurs témoignages des An-
ciens , rassemblés fur ce sujet par Bo-chart, de animal, part. 1,1.1, ch. 11,p. 76 , & suiv.
(4) Solin, ch. 10 ; Plutarque, desolert. animal, p. 967; Saint Basile»Hexaem. Homil. 8 , p. 106.
(5) D’où nous est resté le proverbetrivial faire le pied de grue.