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Tome quatrieme.
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HISTOIRE NATURELLE, Lit. 1 85

excepte ( 12) la grue, qui devient noire en vieillissant. Le merle (13),qui naturellement est noir, devient rousseâtre en été. C’est danscette saison qu’il chante ; en hiver il ne rend plus que des sonsmal articulés ; vers le solstice estival (14) il est absolument muet.Les mâles, à stage d’un an, ont le bec comme de l’ivoire. Lesgrives (15) ont le cou de différentes couleurs en été, Lé d’unefeule couleur (16) en hiver.

Le rossignol (17) chante pendant quinze jours & quinze nuitsfans interruption, lorsque les arbres commencent à pousser abon-damment leurs feuilles. Cet oiseau n’est pas le moins admirable.La premiere merveille en lui, c’est qu’un si petit corps fourniíîeune voix si forte, & d’une haleine si longue. La seconde, c’est queson chant soit aussi parfaitement conforme aux loix de la musique 8édel’harmonie. Tantôt il sait de (18) longues tenues en poussant lavoix; tantôt il fredonne; tantôt son chant se (19) divise en cou-pés; tantôt il se combine en modulations qui enjambent (20} stunefur l’autre ; quelquefois c’est en retirant à lui son haleine qu’ilfait les mêmes tenues dont nous avons parlé ; quelquefois ilrabat tout-à-coup l’inflexion ; d’autres fois c’est un simple (ri)gazouillement, Lé comme un entretien soliloque. Selon son ca-price, fa voix, successivement pleine, grave, aiguë, rapide, ra-lentie, éclatante, rassemble à elle seule trois différents caractères jle dessus, la taille, Lé la basse. En un mòt, ce petit gosier exécutetous les sons des instruments les plus combinés par les recherches

(1 <s) Consultez le chapitre du rossi-gnol dans 1 'Essai des m rveilles de laNature , imprimé à Paris en i6za.

(20) Le Pere Hardouin interpretenunc sonus copulatur intorto cantu paril fait des roulades. Je pense mètreplus rapproché de l’esprit de Pline. Jecrois, dis-je, que notre Auteur avoulu dire que tantôt le rossignolpassesans transition d’une modulation d uneautre j commençant la seconde avant

d’avoir complété la premiere &c.

(21) Le Pere Hardouin cite à cepropos ce passage du même Poème mo-derne :

Ex inopinato gravis intonat , & Uve murmusTurbinât introrsus.

Mais ce paílage peint plutôt, selonmoi , le passage inopine du doux art;fort, & du fort au fossile, qui se re-marque dans le chant du rossignol,.