HISTOIRE NATURELLE, L I V. X. IOZ
les (u) qu’on apprivoise, couvrent les perdrix mâles sauvages oude nouvelle capture, se soumettant à la .même humiliation s’illeur arrive d’être les moins fortes dans le combat qu’eiles leurlivrent. On prend les mâles lorsqu’ils font diíposés à se battre,animés par l’ardeur de la passion , le chef d’une compagniede perdrix s’avançant alors volontiers pour attaquer celui quel’oiíeleur a d relie, & dont il se sert pour découvrir les autresperdrix. Ce champion étant pris (23), il s’en présente un nou-veau , suivi bientôt de plusieurs autres. On prend les femelleslorsqu’elles cherchent à s’appareiller ( 24) ,& lorsqu’elles s’avancentcontre la chanterelle (2 5) , ou perdrix dreíïée de l'oifeleur, dansle dessein de la harceler de la faire déguerpir. II n’est pointd’animal en qui la fécondation s’opere de même maniéré quedans les perdrix; car si le vent vient du côté des mâles, & queles femelles soient vis-à-vis d’eux, elles concevront (26) commesi elles étoient couvertes. Dans ce même teins les femelles ontle bec (27) ouvert, & tirent la langue, tant elles font échauffées.Elles conçoivent même en sentant (28) les mâles voler par-des-sus elles, souvent aussi en entendant (29) seulement leur voix.La passion de l’amour est: plus forte chez elles que la tendressepour leurs petits; car si une femelle qui, de crainte du mâle,couve ses œufs en cachette, sent qu’un mâle (30) s’approche dcla chanterelle des oiseleurs, elle le rappelle de la voix, &c scprésente d’elle-même à lui pour l’empêcher d’aller vers une au-tre. Elles font même transportées d’une telle rage amoureuse,,que souvent, aveuglées par cet accès (31), elles viennent se poser
tent sesminam aucupis accedentem aimarem. Mais on voir, par le passaged’Aristote qui a rapport à celui-ci,qu’il faut lire simplement accedentemmarem ; Lc d’ailleurs la raison, plusforte que toutes les autorités, l’exigeindispensablement.
(31) Je lis au texte cœcœ motu , &
non pas c&c& meta; leçon qui ne pré-sente aucun sens. Cac£ motu , c’est-à-dire , C£C£ motu hujus rabiei. Le PereHardouin propose de lire c&c& initu :correction, je pense, moins heureuse ;car la rage en question, selon 'Aristote#est produite, chez les perdrix, par lebesoin de lacté, & non pas par l’acte