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Tome quatrieme.
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HISTOIRE NATURELLE, LIV. X.

III

défendre (z), & qui, par une vertu naturelle qu’il poísede, épou-vante (3) tellement les éperviers, qu’ils ne peuvent souffrir nifa vue ni son cri. Auffi les pigeons aiment-ils la crefferelle avecprédilection. On dit même qu’un moyen efficace (4) de les em-pêcher de déserter, c’est d’enterrer aux quatre coins du colombierune crefferelle dans des pots de terre neufs bien lutés. D’autres,pour retenir les pigeons, leur coupent les jointures des ailes avecun couteau d’or; fans quoi la plaie seroir dangereuse. En effet,ces oiseaux aiment à courir çà & là; ils savent gagner, par leursflatteries, les pigeons des autres colombiers, & amener avec euxles étrangers (5) qu’ils débauchent.

Les pigeons ont quelquefois servi de messagers (6) dans les plusgrandes affaires. Durant le siégé de Mode ne, Decimus Brutus,qui étoit enfermé dans la ville , envoyoit (7) des lettres au

3- nommé poivrette ; cuisez le tout» en eau de riviere jufqu’à consomp-« tion de cette eau, puis versez en» place trois ou quatre pots de bon« vin , & environ huit livres de vieux» ciment bien pulvérisé : vous ferez» . cuire encore cela l’espace d’une de-j» mi-heure, à petit feu , & vous ferez» une masse de toutes ces drogues,» qui durciront. Ensuite vous place--> rez certe masse dans le milieu du« colombier, & vous ferez en peu de35 tems dédommagé de la dépense que33 vous aurez faite. Le livre de las» Maison ruflique enseigne de bonnes33 pratiques pour bien élever les pi-33 geons ; & l’expénence fait connoî-33 tre qu’on 11e peut rien leur donner» de meilleur, pour les engraiííer,” que de la pâte de feves fricassées» avec du cumin & du miel 33.

(5) Les paysans prétendent qu’onattire les pigeons étrangers dans uncolombier en y suspendant un mor-

ceau de morue salée. En général, lesel les affriande ; ils paroisse n t le re-chercher comme une substance qui fa-vorise leur digestion : c’est pourquoi,à peine leurs petits sourdis nés, qu’ilsleur en font avaler , lorsqu’ils font àmême dé le faire, comme Pline l’aobservé au chapitre précédent.

(ss) C’est de quoi Bochart a rassem-blé un grand nombre d’exemples his-toriques , de animal, part. x, 1. i, p. 15.Le Pere Hardouin observe que ceuxd’Alep , en Syrie , sont aujourd’huimême dans I’ufage d’employer les pi-geons à leurs messages, & qu’à ceteffet on leur attache des lettres auxpieds.

(7) Frontin, dans ses Stratagèmes ,1. 3 , ch. 13 , écrit que ce fut ie Con-sul Hirtius qui fit parvenir de la fortedes lettres à Brutus. II se peut faire,comme l’observe le Pere Hardouin.11 paroît cette année à Paris, chezLacombe, Libraire, & chez Didot