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Tome quatrieme.
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HISTOIRE NATURELLE, L I V. X.

d’autant que l’oiseau lui avoit gâté des souliers par ses ordures.Quoi qu’ilen foie, le peuple fut si affligé de la perte du corbeau,qu après avoir chaste le cordonnier du quartier (5) des Dioseures,il le mit à mort. Depuis, il fit au corbeau les plus magnifiquesfunérailles. Son corps, placé fur un lit de parade, précédé d’unjoueur de flûte, & de couronnes de toutes sortes de fleurs, futporté par deux Ethiopiens (6) jufqu’à un bûcher qui avoit eteconstruit à deux milles de Rome, à droite de la voie Appienne,dans le champ auquel le temple de Rediculus (7) a donné sonnom. Ainsi l’on jugea qu'u n oiseau si ingénieux méritoit qu’onlui fît des obsèques, & que sa mort fût vengée par le supplice d’uncitoyen Romain, dans une ville où l’on n’avoit fait aucunes funé-railles à plusieurs grands personnages, & oii personne n’avoit vengéla mort de Scipion Emilien, destructeur de Carthage 6c de Nu-mance! Le fait que nous venons d’exposer se pasta sous le Con-sulat de Marcus (8) Servilius 6c de Caius Cestius, le vingt-huitde Mars. Présentement même, au moment où j’écris cette his-toire, il y a dans. la ville de Rome une corneille apportée deBétique, ôc appartenant à un Chevalier Romain, laquelle estd’un noir admirable, & qui d’ailleurs surprend tout le mondepar le talent qu’elle a de prononcer des phrases entieres, &. d’enapprendre souvent de nouvelles. 11 n’y a pas bien long-temsqu’on a entendu parler d’un certain Craterus, surnommé Mono-ceros (9), qui, dans la contrée Erizene (10), en Asie, se servoitde corbeaux pour la chasie du vol. II les portoit dans les forêts,perchés fur ses épaules &c fur les cornichons de son casque (1 x ). Ces

Consulat sous la vingt-deuxieme an-née de rempire de Tibere.

(9) C’est - à - dire Licorne. C’étoitun sobriquet qui peut-être avoit rap-port à quelque loupe ou autre cte-fectuoílté naturelle de ce Craterus.

t 1 p) La plupart des man uscrits por-tent in Erì^a ; mais le second manus-

crit royal porte in Eri^ena. Nous avonscru, avec le Pere Hardouin, devoirpréférer cette derniere leçon. On aparlé des peuples Eréziens ou Eriziensau 1.5 , ch. 3 o.

(11) Du sommet du casque sortoientquelquefois des cornes. C’étoir, pourl’ordinaire, un ornement de terreur.