HISTOIRE NATURELLE, LIV. X. 1 1TJ
corbeaux lui cherchoient les autres oiseaux, & les débusquoient.II continua si long-tems cette pratique íinguliere, que, quandil se mettoit en marche pour chaíler (u), il étoit suivi même descorbeaux sauvages. Quelques Ecrivains (13) ont cru devoir rap-porter qu’il s’est vu un corbeau qui, lorsqu’il avoir soif, recou-roit à l’urne d’un tombeau où il tomboit de rems à autre de l'eaudu ciel. Mais le vase étant trop profond pour qu’il pût atteindreau niveau de l'eau, l’animal y jettoit des pierres qui faisoienthausser l’eau jusqu'à son bec, Lc le mettoient à portée d’en boireautant qu’il desiroit.
Des oijeaux de Diomede.
Je ne paíîerai point sous íilerîce les oiseaux (1) de Diomede.Juba les appelle catarractes (2); il dit qu’ils ont des dents (3),êc qu’ils font blancs par tout le corps, à l’exception des yeuxqu’ils ont de couleur ignée (4). II ajoute qu’ils ont toujours deuxchefs, dont (5) l’un va à la tête de la troupe, &C l’autre à la queue ;que lorsqu’ils veulent nicher, ils se servent de leur bec pour faire
à la dénomination barbare artenna 3prononcée art-aìna.
(3) Solin , chap. 2 , s’explique avecmoins d’amphibologie que Pline ; onlit chez lui : Ignei oculi y ora dentata.Chez Pline, on est tenté de croire quela couleur ignée appartient austi auxdents de loi seau catarracte. Or cesdents n’étant point, selon toute appa-rence , de vraies dents, ni du genreosseux, mais seulement une décou-pure dentelée aux bords du bec dePoiseau , & ces bords pouvant êtrerouges , peut-être seroit-on en droit,quoi qu’en dise le Pere Hardouin , depenser que Solin & lui-même ont malinterprété Pline en cette occasion.
Nous avons cependant cru devoir dé-férer à leur interprétation comme à laplus généralement accréditée. Voyez,fur la denture de l’oiseau en question,la note 9.
(4) La foulque , ou poule d’eaucommune , qui est l’oiseau auquelPline lui-même assimile l’oiseau deDiomede , a l’iris de l’œil de couleurrouge, ainsi qu’une partie du bec in-férieur : mais le reste du corps n’estpas blanc, comme chez les oiseaux deDiomede. Au texte, au lieu de can-didis , quelques manuscrits portentcandidas ; variante qui ne change rienau sens.
(5) Solin, ibid.