HISTOIRE NATURELLE, L I V. X. IZ s
la langue du phoenicoptere (5) étoit d’un excellent'goût. Onestime beaucoup le francolin ( 6), sur-tout celui d’Ionie. Cetoiseau , qui chante étant libre (7) , devient muet quand ilest pris. Autrefois on le regardoit comme rare; mais à pré-sent on en prend en Gaule & en Espagne , & même dans lesAlpes, oh il se trouve auffi des phalacrocoraces (8), ou cor-beaux chauves, qui font des oiseaux particuliers aux istes Baléares ;comme aux Alpes le pyrrhocorax (9), qui a le bec jaune; 8cl’oiseau lagopode, ou pied de lievre, ainsi nommé de ce qu’il ale pied velu:sa chair est noire (10), & d’un excellent manger ;du reste il a le plumage blanc, & n’excede pas la grosseur d’unpigeon. II ne vit pas facilement hors de son pays natal, ne
la description, Ornithol. Lit, cha-pitre 8. Mais il est à remarquer quele Pere Hardouin a lu au texte dePline pyrrhocorax , luteo rostro , niger.Or ce mot niger appartient à la phrasesuivante : Niger & pracipuo sapore la-gopus. Au reste c’est contre l’autoritédes meilleurs manuscrits que ce motniger , qui y est exprimé, se trouveomis par la plupart des Editeurs, quine l’ont retranché que faute d’en com-prendre le vrai sens. Voyez la note sui-vante.
( 1 o) Le mot niger h’exprime pointici la couleur du plumage, & n’estnullement une épithete du corbeaurouge, comme se Test figuré le PereHardouin , contre toute vraisemblan-ce. Niger étant joint à ces mots,& prœcipuo sapore , est évidemment,en cette occasion , une circonstancedu mets, un des caractères de l’oi-spau , considéré comme viande dis-tinguée selon sa couleur ; ce quin empêche nullement que le plumagede ce même oiseau ne soit blanc.Les chasseurs distinguent volontiers
quatre principales couleurs de vian-de ; la viande grise, la viande blan-che , la viande noire, & la vianderouge. C’est ainsi que cinq ou six li-gnes plus loin , dans cette phrase »Croceo tinclu , cibis gratissima , cesmots croceo tinclu désignent un oiseaudont la chair est de couleur safranée ,c’est-à-dire rouge jaunâtre. Je ne saisoùDupinet& le Pere Hardouin ont eul’esprit, lorsque, par ces mêmes paro-les croceo tinclu , ils se sont avisés d’en-tendre un oiseau servi à la. sauce jaune .Quoi qu’il en soit , l’oiseau à chairnoire dont Pline parle ici, est reconnuêtre une des especes de perdrix, & parconséquent appartient à un genre doncla chair noire est un des caractères distinctifs. Et comme d’ailleurs cette espece particulière de perdrix est blan-che de plumage, ou du moins blan-châtre , on la nomme perdrix blanchede Savoie. Nicolas Chorier , dans sonHistoire du Dauphin é, 1 . 1, p. 65 »écrit que ces perdrix font communesau territoire de Gap & que ceux dt*pays les nomment jalabres.