HISTOIRE NATURELLE, L IV. X. I$7
s’apprivoise point, & se gâte des qu’ileíltué. II y a une autre (ri)íortede lagopodequi ne différé de la caille que parcequ'il est plusgros. La couleur de fa chair est safranée : c’est un excellent mets.Egnatius (12) Calvinus, Gouverneur des Alpes, dit avoir vudes ibis dans ces montagnes; & cependant i’ibis est un oiseauparticulier à l’Egypte.
Des oiseaux nouveaux des oiseaux fabuleux.
Durant la guerre (1) civile de Bébriacum ( 2 ), il vint enItalie, au delà du Pô, certains oiseaux (3) qu’on n’avoit pointencore vus jusqu’alors, 6 C qu’en conséquence on appelle encoreaujourd’hui oiseaux nouveaux. Ils reffemblent à des grives, fontun peu moins gros que des pigeons, ôí d’un très bon goût. Onnous apporte aussi des istes Baléares un porphyrion d’une especeplus estimée que celle dont nous avons parlé plus haut (4). Dansces mêmes istes, la buse (5), qui est du genre des éperviers, estregardée comme un fort bon manger , de même que la petitegrue appellée vipio (6).
Quant aux pégaíes (7), ces oiseaux à tête de cheval, je les metsau rang des fables, auffi-bien que les griffons (8), auxquels on
(8) Quelques manuscrits portentgrypas y au lieu de gryphas. Au resteil ne s’agit point ici d'hippogryphes,ou chevaux griffons, c’est-à-dire dequadrupedes ailés , & dont les quatrepiedssontsupposés erre terminés par desgriffes redoutables 8c crochues ; maisd’oiíeaux ordinaires, à l’exceptionqu’ils ont des oreilles saillantes ou desaigrettes qui en font l’office , & queleur bec est fait en crochet. C’est doncune forte de'chouette ou de hibou Scy-thique. Cet oiseau, quel qu il soit, estII éloigné d’avoir quelque chose decommun avec la nature du cheval, queT orne IV.
Virgile propose, comme une monstruo-sité impoffible, l’alliance de ces deuxnatures, lorsqu’il dit :
Jungentur jam gryphes equis, &c.
Renvoyons donc les hippogryphes àleur inventeur, je veux dire àì’Arioste ■& ne voyons dans le griffon qu’un oi-seau dont l’existence est très possible& dont le nom, au surplus, ne fumisteautre chose que ne^ crochu 3 nc ç enjui -lin. En effet, grypos , en Grec, &grypus^ en Latin , signifient également1 oiseau nommé griffon , ou toute per-sonne qui a le nez aquilin. Pline donne
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