Band 
Tome quatrieme.
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I z8 NATURALIS HISTORI1 LIB. X.

citate rostri fabulosos reor : illos in Scythia, hos in iEthio-pia. Equidem &c tragopana, de qua pluies affirmant, ma-

à ces mêmes griffons des oreilles ; cir-constance qui ne répugne point à lafaine physique, puisque quantité d’oi-seaux, sur-tout à bec crochu, ont deuxaigrettes qui accompagnent le haut deleurs tempes, & qui donnent à leursoreilles une apparence saillante. Ainsiil n’est pas nécessaire, pour admettrel’existence de ces oreilles dans l’especeen question, de supposer, comme faitPhilostrate, vie d’Apollonius deTya-, ne, 1. 3 , chap. 14, que les griffonsfont d’énormes chauves-souris, de laforce &: de la grandeur d’un lion , quin’ont qu’un vol terre-à-terre , soutenupar des membranes ou ailes cartilagi-neuses & dépouillées de plumes. Legriffon ne fera donc point un chevalmonstrueux, ni une chauve-souris pro-digieuse , mais un oiseau à bec crochu,& de l’espece de ceux qui ont, ouparaissent avoir , des oreilles saillan-tes ; car c’est ce qui résulte uniquementde í’exposé de Pline, qui observe , ausurplus, que le griffon est un oiseauScy thique : à quoi nous ajouterons quece c oiseau est appel lé en Grec, grups 3grupos , gruphos\ en Latin , gryps ,grypus j gryphus •, en Allemand, greffegryff) en Belgique, griffoen voghel-gryp 3 en Italien , grifone , grffone 3en Espagnol , gripho ; en Ânglois ,grype , gryffin ; en Danois , grib ,grif \ en Slawon , gryf. Les Hébreux,selon l’observation de Calepin , ap-pellent les griffons peres : c’est mani-festement une dénomination qui arapport aux oreilles saillantes de cesoiseaux 3 car nous avons vu dans les li-vres précédents que les Hébreux ap-

pellent l’âne sauvage peré 3 & le muletpcrtd 3 & que les Grecs donnent auhibou, ou moyen duc , à cause de lasaillie de ses oreilles, le nom à’ôtos ;ce que les Latins traduisent pat ajìo ycomme qui diroit f oiseau ânon , l’oi-seau semblable à lane par ses oreilles ,sur-tout par la raison qu’il les a mou-vantes , Aldrovande ayant observé quechaque plume auriculaire qui composeles aigrettes du hibou, peut se mou-voir séparément. C’est pourquoi jeme persuade que le griffon n’est autreque le hibou, ou afio des Latins. Orle hibou est nommé en Italien gufo •dénomination bien voisine du gru-phos des Grecs, puisque c’est absolu-ment le même mot, à une r près. C’estdonc à tort, ce me semble, que Mes-sieurs de l’Académie des Sciences ontdonné le nom de gryphon ou griffon auvautour rouge , autrement vautourjaune , ou vautour fauve , qui n’aqu’une feule aigrette derriere la tête ,Sc non point deux aigrettes en formed’oreilles j caractère essentiel du grif-fon de Pline. A l’égard des traditions,ou plutôt des fables puériles recueil-lies par Hérodote, liv. 3 & 4 3 parPomponius Mêla, livre 2, chapitre 1 ;par Pline , 1 .7, c. 2 , & 1 . 3 3, c. 4, parPhilostrate, vie d’Apollonius de Tya-ne, 1. 3, ch. 143 & par une infinitéd’autres : lesquelles traditions portentque ces oiseaux Scythiques sont consa-crés au Soleil ; que c’est pourquoi lesIndiens peignent le char de ce Dieu dujour attelé de griffons 3 que ces mêmesoiseaux surmontent les éléphants & lesdragons 3 qu’ils fouillent & gardent