HISTOIRE NATURELLE, LIV. X. 14 'J
il renferma des oiseaux de toute espece. C’est depuis cette inven-tion que les oiseaux, au séjour desquels la Nature (8) n’avoitdonné d’autres limites que le ciel, ont commencé à être resserrésdans des prisons.
D u plat d'oiseaux qui fut servi fur la table du comédien
JEfbpus.
Mais puisque nous parlons des oiseaux de voliere, rien deplus célébré en ce genre, que le plat de Clodius Asopus, acteurtragique, plat dans lequel il y avoit de toutes les especes d’oi-seaux qui chantent ou imitent la parole humaine, &. lesquels luicoûtoient six milles sesterces la piece : aussi ce plat fut-il estimécent ( 1 ) mille sesterces. Et cependant Clodius (z) ne se portapoint à cette prodigalité par friandise, mais seulement aiguil-lonné par la vanité de manger les imitateurs du langage humain ,Sc ne se souvenant pas que lui-même avoit acquis ses grandesrichesses en contrefaisant l’homme. Auíïï eut-il un fils bien dignede son pere. Je veux parler de ce Clodius , l’avaleur de perles,dopt il a été fait mention au livre précédent (z). A dire vrai,il est assez difficile de décider lequel des deux tomba dans l'ex-cès le plus blâmable : il semble toutefois qu’ily a quelque choiede moins répréhensible à engloutir dans un repas des richessesimmenses, qu’à se faire un point de luxe d’y manger des languesimitatrices de celle de l’homme.
J)e la génération des oiseaux ; de certains quadrupedes
ovipares.
La génération des oiseaux paroît fort simple; cependant ils’y rencontre plusieurs considérations merveilleuses. Première-ment ils ne font point les seuls animaux ovipares, ayant cela de
îre acception, peut signifier populaire, (3) Au livre 9, chapitre 35.
Tome IK. T