HISTOIRE NATURELLE, L I V. X. 1 6 s
Les (12) oies parient dans (13) l’eau, 6 c font leur ponte auprintems ; ou , íì elles ont parié vers le solstice d’hiver, ellesfont leurs œufs quelque rems après, au nombre de près de qua-rante. On en obtient deux (14) pontes par an, st l’on fait cou-ver leurs premiers œufs par une poule : autrement elles n’enfont guere, dans toute Pan née, que seize pour le plus , ÔC septpour le moins. Si on leur dérobe leurs œufs , elles en font juf-qu’à ce quelles en meurent. Elles n’en couvent point (15) d’é-trângers. Pour bien faire, il ne faut mettre fous elles que neufou onze œufs. Les femelles seules couvent, 6 c cette opérationdure trente jours, ou feulement vingt-cinq si elles font mainte-nues plus chaudement. L’ortie est (16) est pernicieuse aux pe-tits oisons ; son seul contact: leur est mortel. Au surplus, leurpropre voracité ne leur est pas moins funeste; car ils s’empliíTentjufqu’à crever : ou bien voulant arracher de force, avec leur bec,quelque racine dont ils font friands, ils fe rompent (17) le cou.Le remede contre l’ortie, c’est la racine de cette plante que l'onmet fous la paille de leur nid.
Des ardioles ou diverses sortes de hérons; & de la meilleuremaniéré de conserver les œufs.
Il y a trois fortes d’ardéolesou de hérons (1), savoir lehéron (2)blanc, le(3) butor, 6 c le héron (4) cendré. Ces derniers éprou-vent (5) de la douleur dans l’accouplement ; les mâles alors crient
imite, comme le butor, le mugisse-ment du bœuf. Quoi qu’il en soit, laplupart des noms du butor , & le motbutor lui-même , signifient 1 oiseaubœuf, ou l’oiseau mugissant. Il estdonc nommé en Allemand rhordrum ,rhordrump , rorreìgel , mosku , mof-fochs j erdbul , urritid , merrïnd enBelgique, puttoir 3 domphoren ; en Da-
nois , rordrum • en Italien , trombono ,tarabujso , terrabujso ; en Anglois ,burtour , pirtour ; en Slawon, bak.
(4) C’est le nom que lui donne Bel-Ion, 1. 4, ch. 2,
(5) Aristote, Hifi. Anim. 1 . 9 , cha-pitre 2. Au reste , Albert le Grandtraite ceci de fable,, 1.3 z.